Quand Harley rencontre Salaud
Tout pécheur verra un jour sur lui déferler l'ange miséricordieux, vengeur des âmes souillées.
Il était une fois une jolie jeune fille de 14 ans, aux commandes d'un jeu de web-séduction avec un photographe renommé, avide de cette juvénile sensualité. Après un gourmand rendez-vous dans une pâtisserie généreuse, nos deux héros s'en vont tous deux dans l'alléchante demeure du dit photographe. La jeune demoiselle, suspendu au désir cinglant d'une expérience aux vertus érotiques, s'engage dans une danse charnelle destinée à aguicher le prédateur à la lentille acérée. Mais un cocktail concocté par notre coquine aura raison du coquet photographe. A son réveil, les liens qui entourent ses poignets ont d'abord un écho de fantasme. Mais cette illusion pornographique tourne rapidement au cauchemar. La frêle jeune fille jette son masque d'innocence pour révéler sa véritable nature. C'est sa ferme intention de castrer le photographe qui met la puce à l'oreille.
Message à caractère informatif
En voyant la maîtrise et l'intelligibilité des plans et du montage, il est très déplaisant de penser que le seul message de
Hard Candy soit « non à la pédophilie ! ». Malheureusement les autres interprétations sont difficilement déchiffrables.
David Slade nous entraîne dans une succession de tortures psychologiques destinées à révéler les odieuses atrocités commises par Jeff, le photographe. Il faut avouer que l'intervention chirurgicale mi-improvisée par la demoiselle met le spectateur dans une position plus qu'inconfortable. La souffrance est certes partagée, mais pas assez pour geler notre attention durant tout l'office.
Nos yeux reste tout de même fixés sur cette image léchée à souhait, mariant avec brio les teintes ternes et les couleurs vives. Cette alliance retranscrit parfaitement l'ambiance dérangeante que Ellen Page prend plaisir à édifier et que Patrick Wilson regrette d'endurer.
Au final on se retrouve avec entre les mains et les yeux un film aux images puissantes mais au scénario confus. Des acteurs de qualité mais des dialogues sceptiques. Et un messages exubérant mais désarçonné.
HARD CANDY
Amoral et destabilisant. Le petit chaperon rouge version hard se range dans la cathégorie des films laissant son spectateur sur les genoux, avec un gout amer dans la bouche et le candy coincé dans la gorge. Avec deux comédiens fabuleux en prime.