Y m'a filé une beigne, J'lui ai filé un marron
Hooligans raconte l'histoire de supporters de l'extrême. Un premier film plutôt honnête, qui doit beaucoup à ses interprètes, notamment Elijah Wood (Le seigneur des anneaux) et Charlie Hunnam (Retour à Cold Mountain).
Hooligans est un film sur les hooligans. Etonnant ? Pas tant que ça. Surtout en cette période de pré-Coupe du monde de football, où ce problème, dit de société, est mis en avant par les média. Ce film qui est le premier long-métrage de la réalisatrice Lexi Alexander, Allemande exilée aux Etats-Unis et ancienne boxeuse, évite les écueils du manichéisme. L'histoire en elle même est assez basique. Matt, un jeune américain étudiant en journalisme, se fait renvoyer de Harvard à cause de son colocataire. Une espèce de fils à papa parfaitement horripilant. Courageux, il préfère fuir et rejoint sa sœur interprétée par la belle Claire Forlani (Rencontre avec Joe Black) en Angleterre. Là, il rencontre Pete (Charlie Hunnam), chef d'un « club » de supporters, une bande de footeux excités dont le passe-temps favori est de taper sur les supporters rivaux. Bref des hooligans, des vrais, des purs et durs. Et là c'est la révélation. Matt se découvre une âme de violent, il cogne à tour de bras, se fait taper dessus tout autant et adore ça. La suite, on la devine rapidement, une escalade de violence, jusqu'au boum final. Tout cela est bien entendu rythmé par une bande originale survoltée.
Mièvres hooligans
Ce film s'il n'a rien de très original, on pense à American history X, reste tout de même sympa à regarder. On ne s'ennuie pas et quand on ressort, on a envie de déclencher une bonne bagarre générale et de distribuer des mandales à tout va. Même s'il est fortement conseiller de réprimer ces pulsions, l'abus de violence étant dangereux pour la santé et votre joli nez. Les acteurs sont bons et plutôt agréables à regarder, ce qui ne gâche rien. Le hic est cette morale qui fait de nos bad boys des abbés Pierre en puissance. Leur code de l'honneur fait penser à celui des samouraïs. Et cela donne au film un aspect mièvre assez agaçant. L'autre aspect négatif du film reste la réalisation. Si l'on sent que Lexi Alexander veut donner le meilleur, le résultat est plutôt médiocre. Les mouvements de caméra ont tendance à donner le tournis même si l'on n'atteint pas les extrêmes du film Irréversible.
Hooligans, un film à voir donc si vous n'avez rien d'autre à faire, ne serait ce que pour les scènes de bastons.