Irreversible

Drame réalisé par Gaspar Noé

Avec : Monica Bellucci , Vincent Cassel , Albert Dupontel , Jo Prestia , Philippe Nahon , Stéphane Drouot , suite du casting ...

Sortie en salle : le 22/05/2002
Nationalité : France. 2001. Durée : 1H39.

Note de la rédac :
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Synopsis

Une jeune femme, Alex, se fait violer par un inconnu dans un tunnel. Son compagnon Marcus et son ex-petit ami Pierre décident de faire justice eux-mêmes...

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Les avis de la rédac'

Notes

Alexandre Mancer
David Monmignot
Mathias Chaillot

Le cinéma détruit tout

Publié par Alexandre Mancer
Lundi 7 Août 2006 13h30
Film scandaleux, voyeur et gratuit, ou chef d'œuvre, personne n'arrive à se mettre d'accord. Le premier brûlot du cinéma français des années 2000 a fortement marqué les esprits.

On cherche encore le plus choquant : le film en lui-même, ou le fait qu'on a laissé carte blanche à Gaspar Noé. Le film bien sûr. Noé a expérimenté et le spectateur a été le cobaye du dernier film choc français. Bien sûr, il y en a peut être eu d'autres, mais combien peuvent se vanter d'avoir provoqué des malaises au Festival de Cannes ? Laissons de côté le débat choc/pas choc et parlons du film.
Le film est une succession de faux plans séquences retraçant une histoire tragique, présenté à partir de la fin jusqu'au début. L'histoire est simple. Un couple est déchiré par un viol, et les événements s'enchaînent pour aller à un meurtre horrible. Le fait que la narration soit inversée rend le film encore plus horrible. Le final majestueux de Monica Bellucci lisant un livre dans un parc n'arrive pas à nous faire oublier que quelques dizaines de minutes plus tôt, on la retrouvait défigurée dans une civière sortant d'un tunnel glauque. Le sentiment d'injustice grandit à coté de l'émerveillement devant cette scène. Cela nous rappelle plus que tout que la vie est un jeu où tout le monde perd.

Un cauchemar éveillé

Sans script à proprement parler, les acteurs improvisent et sont donc troublants de naturel. Albert Dupontel complète parfaitement le couple Cassel/Bellucci. L'amour entre Marcus (Cassel) et Alex (Bellucci) est touchant de réalisme. Jo Prestia incarne un grand méchant de film en bonne et due forme. Le rôle du Ténia collera à jamais à la ganache de l'ancien boxer thaï. Le spectateur est projeté malgré lui au cœur du film, et c'est certainement ce qui a gêné un grand nombre de critiques, qui en voulaient à Gaspar Noé de leur avoir fait vivre ce cauchemar. La première partie du film est accompagnée d'infra basses donnant un sentiment de malaise inexplicable. Noé va jusqu'à utiliser des effets stroboscopiques, ce qui agit sur les nerfs du spectateur. Associée à des scènes d'une violence insoutenable (le meurtre en plan séquence où l'on suit littéralement la destruction d'un crâne) ou d'une atmosphère malsaine rarement ressentie au cinéma, cela donne une expérience désagréable mais unique. La teinte de l'image est rouge au début, puis passe au orange, pour finir dans une verdure violente après tant d'images chaudes, et un ciel bleu éblouissant. Pas de générique de fin. La musique de Beethoven résonne encore, et le spectateur mettra certainement quelques jours à retrouver ses esprits et à accepter ce qu'il vient de voir. Voila la force du film, marchant dans la continuité de Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini et Chiens de paille de Peckinpah. Des images qui ne nous quittent plus, une expérience inoubliable sur un sujet délicat traité de manière frontale et violente.

IRREVERSIBLE

Publié par David Monmignot
Jeudi 21 Septembre 2006 00h21
Dans une époque de politiquement correct et d'endormissement de son spectateur, un cinéaste comme Gaspard Noé est d'utilité publique. Une descente aux enfers, sans retour qui obsède bien après visionnage. Une claque, une vraie ...

ne se voit pas, il se vit

Publié par Mathias Chaillot
Mardi 28 Novembre 2006 23h24
On aime ou on hait. On jubile ou on vomit. Personnellement, les deux. Côté réalisation, c'est du jamais vu, mais le trash reste parfois facile. Trop ? Assez pour que le film soit à mettre à part. Irreversible ne se voit pas, il se vit. Et on n'en dort plus.



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