Si l'amour m'était conté…
Une femme et un homme trentenaires dans un appartement : cela donne une soirée entre pleurs et rires, mensonges et confessions, amour et sexe.
Si on laissait les canons de la beauté tirer à boulets rouges, on pourrait dire que Marina Foïs n'a pas un physique facile et que le visage de Julien Boisselier est assez commun. La rencontre des deux déçus de l'amour, Fanny et Paul, rappelera des souvenirs à la grande majorité des spectateurs (à part les tombeurs et ceux qui ont fait vœu d'abstinence) : petits mensonges, maladresses, malaise, tentatives d'approche… Ce jeu de séduction est traité assez laborieusement dans la première partie du film. Le huis clos théâtrale manque alors de fraîcheur et de rythme. Heureusement, cela prend une tournure beaucoup plus attrayante ensuite.
J'me sens pas belle parvient alors à se détacher des nombreux autres films ayant déjà abordé les errements amoureux des trentenaires (l'effet de mode Bridget Jones). Le premier long-métrage de Bernard Jeanjean, passé par le petit écran (scénariste de quelques épisodes de
P.J. et
Une femme d'honneur), conserve tout de même ce petit côté sitcom qui en fait un film sympa à regarder... une fois.
Premier film modeste
Voir la délurée Marina Foïs à l'affiche d'une comédie sentimentale attise forcément la curiosité. Mais au final, on retient plus la prestation de son partenaire, Julien Boisselier (habitué à ce rôle de héros romantique). Les deux acteurs forment un couple tout à fait crédible, tant il paraît naturel. Leur complicité ne parvient toutefois pas à masquer les quelques faiblesses du scénario. Cependant la candeur du film, bien soulignée par les musiques, est très attachante.
En résumé,
J'me sens pas belle est donc un premier film modeste, à voir une fois… en charmante compagnie de préférence.