On ne demande qu'à rester
« Les cinémas Pathé vous présentent leur film coup de cœur ! » : c'est plutôt rassurant d'entendre ça avant que le film qu'on a choisi d'aller voir ne débute. Jusqu'au moment où je me rappelle que
Le prix à payer était également un « film coup de cœur »…
Début du film : un écran bleu. Si on se fie aux premières secondes de
J'veux pas que tu t'en ailles, on a vite tendance à vouloir désobéir. Visiblement, les producteurs n'avaient plus de budget (ou d'idées) pour ce générique qui rappelle plus celui du film de vacances fièrement réalisé avec Windows Movie Maker qu'un générique de « film coup de cœur ». Mais heureusement, nous sommes vite rassurés et plongés dans le cœur de l'histoire. Un psychanalyste, Richard Berry, écoute un nouveau patient, Julien Boisselier, qui lui avoue être tombé amoureux d'une femme mariée, Judith Godrèche. Très rapidement, le psychanalyste comprend que la femme en question n'est autre que sa propre femme. A partir de ce moment-là, nous ne sortirons plus de l'histoire avant le générique de fin. Comprenez par là que ce film est captivant : dès cet instant, nous sommes spectateur du stratagème mis en place par le psychanalyste pour éloigner son patient de sa femme tout en recueillant des informations importantes sur le « pourquoi ma femme est allée voir ailleurs ? » afin de la récupérer.
Oyé ! Oyé ! Le cinéma français de qualité est de retour !
Jusque là, on peut croire à une « comédie romantique » banale, une histoire d'amour à l'eau de rose où le mari trompé essaye de récupérer sa femme car il prend conscience que si elle est partie voir ailleurs, c'est de sa faute… Mais nous sommes bel et bien face à une « comédie romantique » à la française : il n'est pas rare de rire face aux situations atypiques dans lesquelles le psy cocu apprend tout ce que sa femme dit sur lui via son patient. De plus, nous avons un point de vue omniscient : nous savons tout des personnages, des choses qu'eux ne savent pas. Nous sommes donc spectateurs et complices de leurs mensonges ce qui nous fait sourire et nous empêche de décrocher une seule seconde. C'est drôle, c'est frais, et c'est surtout réaliste : les acteurs sont convaincants dans le rôle de « Monsieur Tout-le-monde », ce qui donne l'impression d'être intime avec les personnages car nous prenons vite parti pour l'un ou pour l'autre. De plus, c'est un véritable film d'école : les images parlent d'elles-mêmes, les dialogues devenant parfois presque superflus. Un régal !