Trahis pour la vie
On nous avait pourtant prévenu. Les Bronzés 3, ce sont les mêmes, mais en pire. On va en dire autant du film : c'est le même que les deux autres, mais en pire. Ou plutôt en moins bien.
La France et les bronzés, c'était une grande histoire d'amour qui durait depuis trente ans. On les pensait fidèles et drôles, attentionnés, le petit couple parfait. Avec Amis pour la vie, ils viennent de nous annoncer qu'ils nous ont fait cocus. Et en beauté.
Pourtant, le film avait de quoi décoller. Dès leur première apparition, Gérard Jugnot et Josiane Balasko font marrer. Les mêmes, mais en plus beaufs, en plus vieux aussi, pas forcément en moins drôles, en tous cas les premières minutes. Quelques répliques vont rester dans les annales («- Votre femme ? – Morte. – Et vos enfants ? – Morts aussi. – Et bien comme ça vous êtes tranquille», ou encore «Mon tonton, il était pas steewart, il était crommandant de bord ! – Ah ça oui, mais de quel bord !», et certaines scènes (dont une magnifique explosion des lèvres en sillicone de Dominique Lavanant) jouissives. Pour les acteurs, on retrouve une brochette complice qui s'est sûrement plus amusée à faire le film que nous à le voir. Mimiques exagérées, les caricatures sont poussées à l'extrême pour coller, tant bien que mal, aux personnages créés trente ans plus tôt. On apprécie pourtant Gérard Jugnot en déglingué mental, Josiane Balasko en alcoolique de service ou Marie-Anne Chazel en sosie siliconé de Lolo Ferrari. On les aime encore.
Un mauvais remake
Et puis quand on en a marre d'aimer, ou de détester, cette bande d'attachants mais énervants beaufs, on se penche sur le scénario. Ou plutôt on le cherche. Aussi lisse que le crâne de Jean-Claude Dusse (sans moumoute), il va du ridicule au vulgaire sans passer par la case délire. Rapidement, les Amis pour la vie ont une impression de déjà vu. De trop vu. Quand le clin d'œil tourne au pillage, Les bronzés 3 ressemblent plus à un mauvais remake qu'à une suite. Un soupçon de Père Noël, une touche de Bronzés 1 et 2, Michel Blanc nous refait Marche à l'ombre et Christian Clavier Les visiteurs. Quand on aime, on veut de la surprise et des rebondissements, pas une histoire bateau et sans rythme autour d'un cassoulet. Alors la joyeuse bande d'allumés, pour relancer notre couple, sort de son chapeau des histoires de cocus à tout va. Le film tourne au vulgaire et l'histoire ne tient plus, même pas par le jeu de ses personnages et le mythe qui va avec. Juste une question d'échelle : montés trop haut, trop vite, la dernière marche est souvent fatale et la chute douloureuse. Elle l'est pour nous, fans de la première heure comme spectateurs d'occasion. Quand on attend son amour depuis trente ans, on veut du voyage, de la passion et des terres lointaines. Les Bronzés nous offrent une semaine camping à l'île de Ré, avec douches communes. Car le mythe étant là, on en attendait peut être trop. On leur demandait, pourtant, juste aussi bien. Ils nous ont livré un passable. Et pas de rattrapage possible.
LES BRONZES 3
Quelques gags rappelant l'époque où l'équipe du splendid était féroce, noyés dans une mixture imbuvable ou chacun semble avoir vu le jackpot que pouvait engendrer le film plutôt que le film en lui même.
Il est bien loin le temps où Jean Claude Duss nous faisait rire pendu sur son télésiège. 1h37 de mauvaise humeur sensée être drôle. Gérard Jugnot fait ce qu'il peut pour sauver les meubles, mais les amis pour la vie du splendid font grise mine…
Une déception totale
Une déception totale. Rien ne sauve le film, surtout pas le rebondissement totalement ridicule. Déprimant.