Rodriguez of the dead
Tenez, un film B assumé et généreux, avec pellicule qui saute et image poussiéreuse ! Venez avec vos pop corn et vomibag, allez voir ce film avec vos potes et préparez vous à voir quelque chose de gore plus fun que le fun himself.
Première séance de l'événement cinématographique Grindhouse (mais second film en France, car sortira en septembre après
Boulevard de la mort, pourtant normalement première partie…)
Planète Terreur est un film de zombie au traitement (musique et image) clairement 80's. On se dira que, de la part de Rodriguez, on peut s'attendre à quelque chose de sympatoche. Et bien c'est ça, 1000 fois ça.
Planète Terreur se prend violemment dans la tronche comme une baffe de Mister T, ou comme lorsque l'on se shootait avec du Tang aussi chimique d'un stérilisant pour chevaux. L'esprit 80's peut être très efficace et s'affranchir de ce qu'il nous a laissé comme pitoyables souvenirs : coiffures exponentielles, mode que l'on ne regrettera jamais et musiques et danses ringardes.
Planète Terreur, au-delà de sa réalisation réussie, offre au spectateur une séance de rattrapage de nostalgie grâce à son ambiance très sombre rappelant des classiques comme
Terminator ou
The Thing. A l'heure où les réalisateur de films d'horreur promettent des films de plus en plus insoutenable sans réellement assumer jusqu'au bout (coucou Eli !),
Planète Terreur se place d'entrée de jeu dans une noirceur étouffante et sans concession, fusionnée à un humour noir et cynique. Le résultat est rare : du fun violent, de la violence jouissive, bref je ne sais pas comment vous appelez ça, moi j'appelle ça une tuerie.
Cult Fiction
Le thème du film qui ouvre la séance Grindhouse est une vraie bombe, morceau aussi impulsif et violent que le Misirlou de
Pulp Fiction. De plus, petits veinards que nous sommes, tonton Rodriguez a décliné le thème pendant tout le film. Vous ressortirez avec ce hurlement de saxophone saturé dansant sur des riffs de guitares diaboliques en tête, qui tournera en boucle dans vos souvenirs jusqu'au prochain visionnage.
Une fois n'est pas coutume (ni costume, vu que ça ne voudrait rien dire) le casting est « classe ». Entre les ganaches de Bruce Willis, Quentin Tarantino et Tom Savini, Freddy Rodriguez, Rose McGowan et Marley Shelton débarquent en trombe dans la bande et se prêtent avec folie à l'exercice. Comme dans tous les films du duo Tarantino/Rodriguez, les acteurs sont là pour se faire plaisir et ça se sent. Rose McGowan ne perd en rien son sex appeal avec une jambe en moins et reste tout aussi sexy dans une scène de cul avec sa prothèse artisanale. Et d'ailleurs, qui aurai cru voir Bruce Willis dans cet état là (je vous laisse la surprise) ?! Et Tarantino lui-même dans une position… inoubliable. Ici encore je ne vous dit rien pour ne pas gâcher votre séance.
Planète Terreur est un petit bijou en matière de surprises et d'imagination glauque.
Je vais m'arrêter ici, encore un peu et je vous raconte le film en détail. Mon enthousiasme aurait été intact si en France Grindhouse avait été programmé tel quel : une séance de 3 h, certes, mais quelle séance… Je peux vous promettre que le futur DVD collector trônera fièrement dans votre dvdthèque, entre
Pulp Fiction et
Sin City. Ultra fun et bien parti pour être culte d'ici peu de temps. Un carton rouge aux distributeurs français qui, outre le fait de sortir les deux films séparément, espacent leurs sorties de trois mois.
Encore un peu et je vous encouragerai à le télécharger.
planet terror
Rodriguez a beau avoir une filmographie très inégale et est certainement moins doué que son pote Tarantino, son
Planet Terror est un concentré de fun absolu, de séquences anthologiques, et d'idées orgasmiques. Un hommage barré aux films d'horreur des années 70 et 80 joyeusement bordélique et baignant dans un esprit B voire Z complètement revendiqué. De là à dire qu'il s'agit du meilleur film de Rodriguez il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.