Si j'étais président
Difficile de cacher sa satisfaction face au cinéma politique qui porte son influence dans nos salles en ce moment, notamment avec le magnifique
Indigènes.
Président, rien qu'avec son titre, met les deux pieds dans le plat de notre futur proche. Et oui les amis, bientôt 2007, bientôt les élections présidentielles.
Même si on voit de loin le tableau que l'on pourrait dresser d'un président lambda (magouilles et compagnies, passé obscur…), le film de Lionel Delplanque se sert de ces détails pour peindre tant bien que mal le portrait d'un homme. Président ou roi ? Avec sa cour et ses conseillers, son mentor et sa famille, nous voici devant une chronique tendance shakespearienne. «Avoir le pouvoir est finalement une chose facile», murmure l'excellent Claude Rich, «mais être heureux»… La mise en scène, malgré quelques moments plutôt mous, contribue à nous plonger dans l'ambiance. Le début du film sous forme de flash back sur la jeunesse du président est très séduisant par ses mouvements de caméra, sa musique… Difficile de ne pas être, avec le jeune futur élu, ébloui par le pouvoir.
Le président Albert
Tête d'affiche et à la tête du pays, Albert Dupontel domine le reste de la distribution. En père aimant et chef d'état, le personnage du président nous intrigue et arrive toujours à nous échapper. Puis on en apprend plus sur ses idées, son objectif. Avoir pour but le bien et risquer que ça tourne mal. Le personnage se développe et explose sur la scène du stade (de France ?). Un moment certes un peu facile, mais grandiose et magistral. Dupontel crache son discours, rugit son appel à l'humanité et à l'entraide, le tout amplifié sur grand écran devant une audience chaude comme la braise. Le président s'accorde même une sortie de rock star, dans la foule sous les tous les feux, ceux des projecteurs et les autres. Dupontel n'a plus rien à prouver. Encore une fois il s'aventure dans un univers loin du sien tout en s'en accommodant. La réalisation de Delplanque, les personnages habités par Claude Rich et Jérémie Renier impressionnent. Albert président, on voterait tout de suite… Pour un César, une récompense, qu'on salue enfin son talent officiellement.
Voir
Président n'implique pas de s'intéresser à la politique, mais à réfléchir sur le fait que ce ne sont que des hommes qui dirigent des hommes.
PRESIDENT
Bancal, mais sympatique et bien plus réussi que "Promenons nous dans les bois" . Le film se prend un peu les pieds dans le tapis quant au sujet à aborder (film politique, histoire d'amour...) mais se révèle etre une des seules tentatives de traiter un genre trop souvent méprisé en France. En prime, un Dupontel enervant de charisme et de talent