Sel et rats
Vite, vite, le dernier Pixar est là ! Lâchez les sorciers, les familles toutes jaunes, et les voitures qui se transforment en robot, LE PIXAR 2007 EST LA ! Alors alors… Après les jouets, les poissons, les voitures, quoi d'autre ? Les portes ? Les chaises ? Les ampoules ? Non… Les rats (musique dramatique)…
En entrée : «..Extra terrien..», petit court métrage pour mettre en bouche. On assiste à un martien qui passe son «..permis-capture d'humain..». Première intrusion de Pixar dans la science fiction et on se met à baver devant le résultat (comme d'hab, humour, rythme et esthétique, tout y est) surtout lorsque l'on sait que le prochain projet du studio lorgne vers ce genre.
Plat de Rrrresistance, avec plein de «..r..» tellement on à l'eau à la bouche :
Ratatouille, l'histoire d'un rat fin gourmet qui fait équipe avec un jeune paumé pour cuisiner les meilleurs plats d'un grand restaurant parisien. Verdict général ? Commençons avec le casting. On ne sera pas étonné du fait que ça boite un peu au niveau des personnages humains. Un peu moins de présence à l'écran comparé aux rongeurs, ce qui est compréhensible : la star, c'est Rémi le rat ! On peut tout de même noter un chef de cuisine machiavélique (croisement entre Steve Buscemi, Passe Partout, Jaffar de
Aladdin, et Fred Boucher), un fantôme tout sympatoche et un critique gastronomique tout droit sorti d'un Tim Burton. Les décors sont magnifiques (pas d'autres mots) et ce Paris de carte postale quelque peu cliché reste un cadre magique pour une telle histoire.
Comme pourraient dire nos amis américains, «[/film]Pixar Rules[/film]» et au cas ou certains ne l'aurait pas remarqué, depuis toujours. Avec en plus des petits clins d'œil (trouvez celui de
Rocky, il est pas mal…) et des hommages, que demander de plus. On peut sans problème affirmer que
Ratatouille sera pour nos enfants un classique comme
Peter Pan ou un autre Disney de la belle époque. L'élève a toujours dépassé le maître, le rat peut bouffer la souris sans problème.
Un film qui mérite un rat de marée
Ratatouille est l'alliance d'un macro et d'un micro univers, principe chère à Pixar, rappelant
Toy Story 1 et 2. Mais penser que Pixar se contenterait d'en rester là relève de la bêtise. Gardant l'esprit visuel de leurs productions, on se retrouve ici avec un univers quasi photoréaliste, à bien des lieux des opus sus nommés qui semblent être à présent de simples cartoons. Pas dur de s'imaginer un David Fincher virtuel complètement shooté période
Panic Room qui s'éclaterait à filmer entre les murs, dans le plafond, sous les gazinières, bref, partout à un rythme infernal.
Ratatouille est un film à textures, certainement les plus réalistes et les mieux gérées de tout le cinéma virtuel. Que ça soit l'apparence du carrelage à la rouille des poubelles en passant par le pelage de nos amis rongeurs, c'est tout simplement comme du vrai, encore mieux foutu que certains effets spéciaux de films à gros budget !
Souris City retourne dans son pot de Playdo infographique, et les studios d'animation devraient apprendre du maître. Vieille mémé qui défonce tout à la carabine, kidnapping d'un inspecteur de l'hygiène par une armée de rats, le film regorge d'originalité. Et c'est là que Pixar est exaspérant de réussite, le studio ne se contente pas de faire mieux que du ILM pendant 1h30, il concocte un film rythmé, entraînant, très drôle, frôlant la mièvrerie par instant sans jamais l'aborder. Ceux qui avaient trouvé
Les Indestructibles un peu trop nunuche peuvent refaire confiance à Brad Bird.
Ratatouille est nickel. Ce qui devient rare pour les films pour enfants. D'ailleurs cela nourrit le mystère, comment font ils pour ENCORE nous éblouir, alors que le scénario connait la même structure que ceux des Disney des années 50…
Comme dirait le méchant critique du film, tout le monde peut cuisiner (ou faire des films) mais on n'est jamais à l'abri d'un coup de génie. Et celui-là dure depuis plus de 10 ans… Tiens, j'appellerai mon fils Pixar. Ou mon chat.
ratatouille
Comme à chaque nouveau Pixar, Ratatouille est un bijou, où l'intelligence cotoie la beauté des images, où la mise en scène virtuose est égale à la magie qui émane de ce succulent conte de rat. Ca m'enerve, ces gens ne feront donc jamais juste un bon film ??!! Salauds de génies va...