En roue libre
Taxi 4 présente un avantage indéniable pour le spectateur averti : il sait ce qu'il va voir. Forcément, il l'a déjà vu trois fois auparavant. La saga prend la direction de la voie de garage.
Taxi est l'archétype de la saga qui se repose sur ses acquis et qui donc logiquement s'essouffle au fil des opus. De la comédie sympathique (
Taxi premier du nom) au produit sans saveur (les autres), la série chère au cœur de Luc Besson a perdu tout son charme (une perte symbolisée par le départ Marion Cotillard). Moins extravagant que son prédécesseur (quoi que),
Taxi 4 est aussi fade qu'on le craignait. Pourtant, cela commence plutôt bien. Sans être géniale, la première scène nous replonge de suite dans l'ambiance si délicieusement futile propre à la série. Mais rapidement cela tourne au Commissaire Gibert show, entrecoupé de gaffes d'Emilien. L'intrigue est évidemment inexistante et les gags sont pour beaucoup d'entre eux déjà usés par l'âge. Les personnages habituels sont bel et bien là (hormis Lilly donc), totalement inchangés. Bonne surprise (qui n'en est pas vraiment une à la vue des acteurs), les « méchants », des Belges campés par Jean-Luc Couchard et François Damiens (récemment vus dans l'hilarant
Dikkenek), sont les plus drôles de la saga.
Divertissement
L'un des principaux défauts de
Taxi 4 vient de son manque de rythme (un élément fondamental des comédies pourtant). Les temps morts sont nettement trop nombreux, et les scènes hystériques ne compensent en rien cette faiblesse, au contraire. Si
Taxi 4 est un film à vocation familiale (parfait pour le prime d'une chaîne grand public), il devrait cependant plaire d'avantage aux petits qu'aux grands. A moins d'accepter de se laisser conduire passivement et bêtement pendant près de 90 minutes, et de ressortir le cerveau et le porte-monnaie allégés. Après tout pourquoi pas, le cinéma n'est pas simplement le septième art, mais aussi le premier divertissement. Si on n'accepte de ne pas jouer au spectateur aigri, on peut admettre que ce film est un (bon) moment de détente. Il est plus facile de tirer sur
Taxi 4, que de lui trouver des bons points. Mais il faudrait penser à mettre la série au garage. Toutes les (bonnes) choses ont une fin.