Retour vers le futur
Premier film de George Lucas,
THX 1138 brille par ses idées novatrices, sa critique déjà effrayante d'un futur qui s'approche maintenant à grands pas et son premier brouillon des thèmes qui habiteront Lucas jusqu'à sa célèbre Trilogie Star Wars.
Nous sommes au XXVe siècle, et l'humanité est réduite à vivre sous terre sous contrôle d'un état et d'une religion toute-puissante, les hommes sont des nombres dont le seul but dans la vie est de produire, en évitant de se reproduire. Parmi eux, THX 1138 évite de prendre ses médicaments visant à limiter ses pulsions. Adviendra l'inévitable, il aura alors un rapport sexuel avec sa colocataire. Devenu criminel dans une communauté où la délation fait partie des règles de vie, la prison, voire l'extermination, l'attend.
Dernier humain dans un monde déshumanisé, le voilà lancé dans une course-poursuite, traversant un monde inquiétant, un environnement à la 1984 de Georges Orwell brillement imaginé voilà 30 ans, époque où la société de consommation n'était pas ce monstre effrayant qu'on nous présente aujourd'hui. Déjà, George Lucas y expérimente sa vision du futur, sa passion pour la liberté, son héros seul contre un monde corrompu et ses courses-poursuites légendaires (ici sans réelle vigueur, ce qu'on imagine dû à un cruel manque de moyens). Pour pallier à ces conditions de premier film, le réalisateur a osé épurer ses décors, a baigné de blanc son univers pour un rendu bien plus inquiétant que ces villes suréquipées à la
Blade Runner.
Pionnier de la SF
Porté par un joli casting, le scénario pourrait être le point faible du film. Sa banalité en tant que scénario de science-fiction (ville du futur, robots travailleurs, cité enterrée, etc.) est sauvée par tous ses à-côtés, ses personnages secondaires, ici bien plus souvent invisibles qu'humains. Ils ont pour nom religion, consommation, capitalisme, fascisme.
Sans crier au chef d'œuvre et sans vouloir faire de comparaisons hasardeuses, il n'en est pas moins que George Lucas avec
THX 1138 a, comme Kubrick avec
2001 l'Odyssée de l'espace ou Lynch et son
Dune, été un pionnier de la science-fiction. Et, toutes proportions gardées, s'en est plutôt bien tiré.