Vous devriez avoir honte !
Vous moquer ainsi de Cédric Freret ! Lui qui a, toute sa vie, été la victime de son frère Thierry !
Un destin dont le Grand Victor Hugo se serait inspiré -s’il avait su- pour écrire son plus poignant témoignage de la miséricorde humaine.
Alors que son frère a à peine un an, né le petit Ced, non désiré par ses parents, Papa-Preret et Maman Mreret. Oh ils ont bien cherché à l’abandonner, accoucher sous X, mais même là le coup du sort lui refusa cette chance !
Et que penser de premier soir de Noël, où Maman-Mreret tenta de l’oublier à la crèche de l’église.. Et où Dieu toujours avide de savoir si on peut souffrir pour preuve de sa foi, le fit remettre aux mains de ces Tenardiers biens réels par le Père Frérophile de triste mémoire…
Bien sur l’hiver il faisait froid ! Bien sur l’automne il faisait pluie, mais ne comptez pas sur le printemps ou l’été pour lui apporter la douceur du soleil !
Non !!!
Niché sur un îlot boueux du marais Poitevin, la Cabane du Père-Preret était inondée de moustiques et la malnutrition sévère de l’enfant Cédric était sa seule protection contre les insectes. Lui ne pouvait luter que par la stérilité de sa maigreur famélique, alors que son Thierry de frère bénéficiait des répulsifs anti-moustiques les plus puissants.
Niché dans le placard sous l’escalier menant aux chambres de ses parents, il subissait même les nombreuses inondations et les crues de la Vienne.
Mais Cédric lutta ! Tous les matins il prenait la barque, lui les rames, son frère le fouet, parcourait les 5 kilomètres les menant à l’école et fut inscrit à l’école de la République.
Bien sur son Thierry de Frère avait sa bande, et à chaque récréation Cédric subissait les coups et les humiliations diverses.
Bien sur son Thierry de Frère lui détruisait systématiquement ses devoirs en les noyant dans les marais pendant qu’il ramait !
Bien sur l’instituteur ?vil et laid, violent et lubrique- le punissait pour tous ses devoirs non rendus. Savez vous ce qu’est de passer tous ses midis debout avec un bonnet d’âne à la cave de la vieille école, pendant que vos camarades ripaillent de frites, petits pois, steaks et petits suisses ???
Mais à force de faire ses copies en plus de celles de Thierry, car ce Frarâtre le forçait à les rédiger, Cédric lui devint indispensable.
Thierry avait les honneurs, mais Cédric était son seul talent.
Le temps passa, Cédric dans l’ombre, Thierry faisant la pluie et le beau temps comme tous ces enfants gâtés.
Passant du service Météo à la Rédaction de la grande radio périphérique, Thierry recevait les honneurs de la vie parisienne. Quand Cédric bravait chaque jour les difficultés de la mine, du froid, de la pluie et des loups et ours blancs qui chassent les enfants dans les plaines du Nord -Pas de Calais où il était exilé afin de quérir sa maigre pitance.
Et que croyez-vous que fut la réaction de Cédric lorsque la supercherie de Thierry fut découverte !
Cédric le cœur plus gros que le ventre d’un Biafrais, espérait encore qu’une seconde chance sera donné à son Thierry Freret.. Même dans une petite radio… Même à Europe 1 Sport c’est dire !
Alors s’il vous plait Mesdames, Messieurs les Jurés, séchez les larmes de ce concitoyen dont vous devriez être fier. Acquittez-le !