Avec 2,8 millions d'auditeurs chaque jour, l'auditoire de RMC a progressé de 15,4% en un an. La station a su imposer son concept « info, talk, sport » en quelques années. Quelques heures après la publication de l'enquête Médiamétrie, rencontre avec le directeur général de RMC, Frank Lanoux.
imédias : RMC est en forte hausse avec une grille des programmes qui est stable. Comment expliquez-vous cette percée ?
Frank Lanoux : Il faut du temps pour installer les choses et c’est souvent la longévité des grilles qui font leur audience. Ca ne peut pas durer 20 ans mais il faut du temps pour les piloter et du temps pour que les auditeurs s’en rendent compte et y adhèrent. La télé est plus réactive mais il faut du temps pour fidéliser à la radio. Je peux donc vous dire d’ores et déjà qu’on aura d’autres résultats d’audience supérieurs à celui-ci dans les prochains mois et pas forcément en changeant grand-chose sur la grille. On n’est pas encore au bout.
Vous bénéficiez également d’un effet « présidentielle » ?
On est une radio d’information donc on est lié à l’actualité. Mais comme l’effet n’existe pas chez les autres stations, il faut voir comment l’interpréter.
Europe 1 progresse pourtant et regagne des auditeurs…
Non. Si on compare sur un an, Europe 1 progresse de 0,2 point d’audience cumulée. On est dans la marge d’erreur. RMC profite de la présidentielle mais d’autres n’en profitent pas. Ce n’est pas parce qu’il y a une grosse actualité que vous en aurez le bénéfice. C’est une chance qu’il faut savoir saisir. Dans les ingrédients de la formule de RMC, il y a des éléments très originaux pour cette présidentielle : des candidats neufs et un intérêt majeur des Français. On a su bien exploiter ce contexte. La présidentielle correspondait bien au format de RMC.
Vous parlez de « saisir une chance » : comment faire pour que cet effet « présidentielle » ne retombe pas ?
On verra. A l’évidence, on a gagné de nouveaux auditeurs au moment de cette élection. Ce sont aussi des gens qui ont appris à découvrir RMC donc je parie sur le fait qu’ils ont trouvé ça intéressant et différent. Je parie aussi sur le fait qu’ils vont rester. Mais une de nos plus belles progressions du moment, c’est le football. Alors que le championnat de France de foot est quasiment fait depuis le mois de décembre et que tous les clubs français sont éliminés dans les compétitions européennes, RMC bat des records. Ca prouve que l’an dernier, lors de la coupe du monde, il s’est passé quelque chose sur RMC. On en récupère les fruits aujourd’hui.
Vous avez beaucoup moins de fréquences que vos concurrents. Si RMC avait le même nombre de fréquences que RTL ou Europe 1, peut-on estimer à quel niveau se situerait votre radio ?
Il suffit de faire une règle de trois avec les zones de couverture et le taux de pénétration. Notre taux de pénétration est de 5% là où les autres sont à 9%. On peut donc le calculer mais ce n’est pas une donnée qui m’intéresse. (NDLR : selon cette règle de trois, l’audience cumulée de RMC serait à 9,9%, soit au même niveau que France Inter)
Quel est votre objectif aujourd’hui en termes d’audience : dépasser Europe 1 sur tous les critères ?
L’objectif est de continuer à se développer. Je n’ai donc pas particulièrement Europe 1 en ligne de mire. Il y a aussi beaucoup de jeunes qui écoutent RMC. Notre recrutement se fait essentiellement sur les moins de 50 ans donc je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de transferts d’Europe 1 où un auditeur sur deux a plus de soixante ans.
Quelle est la cible de RMC aujourd’hui ?
Ce sont les jeunes actifs. Il y a un cœur de cible sur les 35-60 ans. On est une radio de débat principalement pour adultes. Mais pour le sport par exemple, on est numéro 1 car on remplit un service que les autres ne peuvent pas rendre et là, on a des publics extrêmement jeunes. Ils viennent alors de Skyrock, de NRJ, de Fun Radio… Quand on arrive sur un marché, on va chercher de l’audience chez un peu tout le monde car on rend un service que les autres ne font pas.
Une de vos spécificités est de miser sur une stratégie radio et internet. L’audience de RMC sur internet est-elle conséquente ?
Sur le net, il n’y a pas de problème de distribution car tout le monde peut écouter RMC. Dans les régions où l’on n’est pas encore, c’est un élément d’échantillonnage : cela permet aux auditeurs de découvrir la radio. Si vous êtes à Strasbourg et que vous voulez tous les matchs de football, vous pouvez les suivre sur le net avec RMC. Un soir de championnat, on peut dépasser les 40..000 connectés simultanés. Mais l’audience radio sur internet ne vaut pas encore l’audience radio sur la FM.
Vous avez parlé de l’importance d’installer les choses. En septembre, doit-on s’attendre à une nouvelle grille ou vous n’allez toucher à rien ?
Je ne réponds jamais de façon aussi directe. On ne va pas continuer mais on ne va pas tout changer. Le format est le plus important : mettre votre bateau dans la bonne ligne est le plus compliqué à faire. Je pense qu’on a réussi à construire une radio qui n’existait pas. Notre format est solide, original et très simple en même temps. On a fait notre 23ème sondage consécutif à la hausse donc c’est exceptionnel. On est plutôt en train de changer tous les jours. Je répète à mes équipes : « La radio, c’est tous les jours pareil et tous les jours différent ». C’est donc un chantier permanent. Je n’ai pas en tête l’échéance du 1er septembre avec une grille de rentrée. Si j’ai une bonne idée cet après-midi, elle sera à l’antenne demain.