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le 23 Mai 08 à 22h11
 
Il y a un an à la même période, le petit milieu médiatique ne pariait pas beaucoup sur Marc-Olivier Fogiel : ONPP pâtinait et sa "bande" historique quittait les plateaux de France 3. Un an après, changement de décor. Avec une progression d'audience continue, MOF a gagné son pari : imposer ONPP chaque dimanche en prime. Retour sur une année de mutation pour l'animateur-producteur qui s'apprête aussi à réaliser son rêve de gosse : rejoindre RTL chaque matin. Entretien inédit.

imédias : Marc Tessier a été violemment attaqué dans une plainte déposée par Jean-Jacques Cordival (qui a d’ailleurs présenté sa candidature au CSA pour le remplacer à la tête de France Télévisions, ndlr) dans les termes que vous savez. Avez-vous une réaction ?
Je trouve ces attaques du niveau du caniveau, ça frôle l’homophobie. Quand on connaît Marc Tessier, on sait qu’il n’y a pas plus rigoureux dans la gestion d’une entreprise. Sans trahir de secret, lors de son arrivée à France Télévisions, il a vendu des actions de Canal+ qu’il détenait à titre personnel : il jugeait cela contradictoire de détenir des actions d’une chaîne pour en diriger une autre. Rien ne l’y obligeait. Le type d’attaques qu’on lui fait ne seraient pas menées àdes compagnes ou épouses.

En tant qu’animateur-producteur, souhaiteriez-vous le voir réélu à la tête de France Télévisions ?
Je n’ai à faire campagne pour personne. Je peux simplement témoigner de mon travail avec lui : il a été présent dans le soutien des équipes, dans l’accompagnement. Mes cinq années sur France 3 se sont faites en bonne intelligence, avec des gens compétents. Il y avait une vraie
réflexion sur les programmes et un pari audacieux : le prime-time du dimanche. Installer une émission d’accueil et irrévérencieuse à cette case, c’est un symbole d’innovation fort. Le fait de le soutenir aussi longtemps pour que ça marche – et que ça finisse par marcher – est symbolique de quelque chose.

Vous venez de finir un des derniers « Vous écoutez la télé » sur France Inter. Vous rejoignez RTL pour une interview quotidienne. Quelles en seront les spécificités ?
Le principe est simple : une interview de 12 minutes de l’homme ou de la femme qui sera dans l’actualité du jour, tous domaines confondus. J’emmène avec moi Anne-Elisabeth Lemoine qui fera un portrait d’une minute de la personnalité invitée. Anonyme ou connue, ce sera une personnalité qui s’est illustrée le matin même ou la veille.

Un tel projet n’était-il pas envisageable sur l’antenne d’Inter ?
Quand j’ai annoncé à Gilles Schneider (le directeur général de France Inter, ndlr) que je partais, il m’a souhaité bon vent et m’a confié qu’il me voyait bien incarner ce type d’entretien mais qu’il n’en avait pas la place cette année sur la grille. On s’est quitté en très bons termes. Sa phrase exacte est « Il n’y a que les montagnes qui ne se retrouvent pas »…

RTL s’est directement imposé ou vous avez hésité quant à la destination ?
J’aurais bien fait une sixième saison sur Inter si on ne m’avait pas proposé d’autres choses ailleurs. Je me sens bien ici : on m’a laissé une liberté totale alors que ce n’était pas fidèle aux rendez-vous médias d’Inter. On a pu faire un rendez-vous moins institutionnel et plus « paillettes ». J’ai apprécié qu’on m’ait laissé faire ça sur une antenne qui n’avait pas cette couleur là. RTL m’a appelé, parmi d’autres. Je ne serais pas parti d’Inter pour une émission du week-end ailleurs. M’approcher d’une tranche d’infos comme celle du matin sans les contraintes d’une matinale était un bon compromis.

Pas trop gêné de ne plus parler médias à la rentrée prochaine ?
Non, car je continue à le faire avec + Clair. D’autant qu’il y a un nouveau challenge avec Marie Drucker. Cette année, je ne faisais qu’une réunion hebdomadaire rapide avec l’équipe : je vais me réinvestir cette année aux côtés de Marie.

Daphné Roulier quitte donc + CLAIR. On a tout entendu sur les raisons de son départ… Elle avait annoncé rester. Elle part. Pourquoi ?
C’est la vie de la télé. « + Clair » la fait marrer, on s’entend bien, elle a trouvé son ton : elle serait bien restée si on ne lui avait pas proposé autre chose de plus intéressant. Elle est passionnée de 7ème art et le défi d’une émission ciné le dimanche midi l’intéresse.

A l’image d’Arthur et de Cauet sur Fun Radio, savez-vous si Philippe Bouvard va quitter RTL en vous voyant débarquer…
Je ne crois pas ! C’est un mec intelligent qui connaît la radio. J’ai cru comprendre qu’il trouvait cela intelligent d’aller chercher des forces vives ailleurs. On n’est pas fâché, on ne s’est jamais revus. J’ai toujours été respectueux de son travail : gamin, je regardais ses émissions et je trouvais que ça décoiffait et innovait. Je me reconnais dans sa filiation d’intervieweur.

ONPP a trouvé ses marques. Les débuts semblaient difficiles… Qu’est-ce qui a fait que l’émission ait séduit progressivement un plus large public ?
C’est le résultat de plusieurs éléments. D’abord, le fait d’avoir installer le rendez-vous sur la longueur : on finit par être identifiés en étant programmés chaque semaine. Ensuite, le boulot réalisé pour formater l’émission par petites touches pour trouver quelque chose de différent de la seconde partie de soirée. On a aussi donné un caractère événementiel pour qu’on se dise que c’est « là où ça se passe ». On a développé les reportages : il y a une heure d’images par émission. Le tout pour donner un mélange entre l’actu et le divertissement, avec un curseur plus poussé sur l’info.

Au cours de la saison, comment a évolué votre collaboration avec Guy Carlier ?
D’un point de vue personnel, il n’y a jamais eu l’ombre d’un nuage. A l’antenne, ça a démarré sur les chapeaux de roue : il était très bon au début, ça lui plaisait que beaucoup de papiers parlent de son arrivée. Puis, il y a eu de la déception : tellement de gens disaient que ça allait être formidable que l’on s’est cherchés à l’antenne. Depuis 4-5 mois, on s’est définitivement trouvés.

Comment s’organise la préparation de l’émission entre vous et Guy Carlier ?
Il est tenu informé régulièrement du sommaire que j’établis avec mes équipes. Durant la semaine, il écrit ses deux chroniques pour savoir où il va, comment on illustre et on réoriente en fonction de ce que l’on pense être bien. Enfin, je lui maile mes interviews le samedi pour qu’il puisse voir dans quelle direction je vais.

On a parlé d’un casting pour trouver une femme en plateau… Où en est-on ?
Dans l’émission, pas en plateau. Le format est trouvé et je ne pense pas qu’il faille rajouter des chroniqueurs. On peut en revanche féminiser l’antenne et lui donner un peu d’aspérités différentes. C’est le cas avec « Les fans » de façon aléatoire : il y en a eu de très réussis et d’autres ratés donc je ne suis pas sûr que l’on poursuive de façon régulière. On réfléchit à ce type de petits programmes, si possible, incarnés par des nanas.

A la rentrée, allez-vous faire évoluer la formule du magazine tant sur la forme et sur le fond ?
Aujourd’hui, le programme ressemble à ce que je veux qu’il soit. Guy Carlier réalisera une deuxième chronique plus identifiée sur la télévision. Après, il y aura des modifications d’ordre empirique : si je trouve quelque chose, oui, mais je ne cherche rien de précis.

Avez-vous d’ores et déjà décidé si cette saison était la dernière d’ONPP ?
Je n’en ai aucune idée. Je continue tant que ça m’amuse et me passionne. Trouver des coups m’intéresse. J’étais bien boosté par exemple par notre sujet sur la mythomanie qui a permis d’interpeller un homme de 31 ans qui se faisait passer pour un collégien : il est ensuite notre invité. Ce genre de chose que l’on change en dernière minute et qui fait parler m’intéresse... A l’instant, le 13H de France 2 m’appelait pour avoir des images. Essayer d’être réactif et de montrer des choses dont on parle et que l’on reprend me passionne.

Vous continuez donc sur France 3… Etait-ce une suite logique ou avez-vous envisagé de changer de chaîne ?
Cette année, on ne m’a pas appelé. On m’a proposé des collaborations extérieures sur des chaînes thématiques mais entre une émission qui change jusqu’à la dernière minute, RTL tous les matins... ce sera largement suffisant ! Je n’ai donc pas eu le loisir d’accepter autre chose.

Votre arrivée sur France 4 n’est donc plus d’actualité.
Ce n’est plus d’actualité immédiate.

Vous produirez « Monumental » à la rentrée. Un projet audacieux sur le patrimoine. On parle d’une sorte de télé-réalité culturelle… Est-ce vraiment ce qui caractérise ce concept ?
On doit trouver un autre titre car il est déjà déposé par Réservoir Prod. Ce n’est pas de la télé-réalité. C’est une émission de plateau, avec du reportage. C’est une sorte de « Téléthon » des monuments historiques. Il y aura une série de prime-time où on présente une liste de monuments choisis avec le Ministère de la Culture : telle toiture à rénover par exemple… on raconte leur histoire et on propose des reportages sur les métiers de la restauration. Et à travers un appel aux dons et aux votes, les gens choisissent le monument qu’ils veulent voir restaurer. A l’issue des prime, un monument sera restauré avec l’ensemble de l’argent qui aura été récolté. Ça devrait arriver dans le courant de la saison.

Qui devrait présenter ce programme ?
Je ne sais pas encore.

« On a échangé nos mamans » réalise des audiences correctes sur M6. Vous continuez à la rentrée ?
Oui. On part pour une troisième saison.

Considérez-vous qu’ « On a échangé nos mamans » soit véritablement de la télé-réalité ?
C’est du document. Mais je n’aurais pas de scrupules à en faire. Je n’en fais pas car je n’en ai pas le savoir-faire. Il y a de la télé-réalité débile et de la télé-réalité marrante. Je n’ai aucun problème avec « La Ferme » ou « Star Academy ». Je trouve « Le Loft » débile mais c’est vachement bien de l’avoir fait : ça ne m’intéresse pas à produire, ni regarder mais je ne trouve pas ça scandaleux. Je trouve « Les Colocataires » sans intérêt. Quant à « L’île de la tentation », je ne pourrai pas.

Vous avez participé au débat avec Jacques Chirac sur TF1. Au final, c’est la déception qui domine concernant ce programme…
Pas pour moi. Peut être que la prestation de Jacques Chirac en a déçu certains. Pour moi, c’était au contraire très instructif. C’est une étape clé des émissions de la campagne. Ce fossé entre Jacques Chirac et les jeunes fut passionnant. Contrairement à plein d’émissions très bien
faites sur l’Europe, ce n’était pas fait par des spécialistes pour les spécialistes. C’était la révélation de ce que pouvait représenter l’Europe pour les jeunes.

Vous auriez aimé que l’émission se déroule différemment ?
Non, mis à part le fait que tout se soit organisé dans la précipitation. Si les jeunes avaient pu arriver un jour plus tôt, on aurait pu davantage travailler avec eux pour que ça fasse moins « AG ». En même temps, il y avait un côté bordélique qui ne me déplaisait pas.

A l’antenne, croyez-vous qu’il était vraiment indispensable de mettre ces médiateurs ? Patrick Poivre d'Arvor aurait pu donner la parole aux jeunes.
Oui, il aurait pu. Ensuite, quand on fabrique un programme, on y met des ingrédients de télévision. Ces « médiateurs » sont une des ficelles du programme. Ma mission était de donner un rythme au début et un ton. Sur quelques interventions, notamment pour speeder un peu Jacques Chirac, c’était suffisant. Je n’y allais pas pour y faire une interview du Président. Le cahier des charges n’était pas celui-là et ça me convenait très bien.

Est-ce Claude Chirac ou Robert Namias qui vous a appelé ?
J’ai parlé avec Robert Namias et Etienne Mougeotte. J’ai juste vu Claude Chirac après le programme.

Bertrand Mosca disait dans ozap que « Si la télé m’était contée » était trop cher pour revenir sur France 3.
Il était dans le coup de la case. On a fait 10 numéros et il n’y a pas de matière pour en faire 20.

Envisagez-vous tout de même de produire à nouveau ce type de rétrospectives sur le cinéma, la radio…
Non. On avait ce projet là depuis longtemps. Après avoir brassé plein d’images avec Télés Dimanche, T.V.+, + Clair, je trouvais marrant de raconter une histoire autrement. Il n’y avait pas de suite possible.

En tant que producteur, allez-vous lancer d’autres nouveaux projets à la rentrée ?
Non, c’est suffisant.

On vous entend souvent dire que la télé n’est qu’une étape dans votre carrière. A l’heure actuelle, quels sont vos objectifs professionnels pour l’avenir ?
J’ai des projets de vie, pas professionnels. J’envisage d’avoir une activité moins soutenue à un moment donné mais je ne fais pas de projets. Aujourd’hui, ça me plait d’être dans le « working progress » tout au long de la semaine. En radio, je trouve ce nouveau challenge passionnant.

Vous parlez souvent d’une tranche infos à la radio, vous avez évoqué le 13H dans un entretien. Dans l’idéal, quels sont les exercices que vous aimeriez faire ?
Pour le 13H, le titre était accrocheur mais je ne disais pas ça dans l’interview. Faire une tranche infos en radio me plairait mais je ne me demande pas le matin comment faire pour y arriver. J’avance en fonction de ce que l’on me propose.

Après l’antenne, vous vous dirigez vers de plus grosses productions comme Star Academy ou des postes à responsabilité dans les chaînes ?
Je me dis que tout est possible. Je verrais bien. Avoir un poste à responsabilité dans une chaîne m’intéresse, tout comme la production d’émissions.

Où en êtes-vous de votre projet de partir pour effectuer une mission humanitaire ?
C’est un des projets que j’ai.

Est-ce compatible avec vos responsabilités ?
Je verrais bien. Je suis un privilégié et j’ai la chance de faire ce dont j’ai envie. Je ne me pose plus les questions que je me posais au début à savoir « Qu’est-ce que je fais l’an prochain ? ». Si je m’arrête maintenant et que je ne reviens pas alors tant pis. J’aurais déjà fait ce qui me plait.

Vous êtes un chef d’entreprise avec des responsabilités. Est-ce possible de partir pour une mission humanitaire par exemple ?
Oui, je pense que c’est possible. Au bout de deux mois, je me dirais peut être que tout cela me manque. J’ai eu la chance que ça marche pour moi et j’aurais bien tort de ne pas tenter des choses dans la vie. De plus, on travaille dans le groupe Endemol donc il ne s’agit pas de fermer la société.
 
 
 
 
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