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Piratage : le gouvernement se fixe un objectif ambitieux

le 19 Juin 08 à 16h08
 
Prévenir et non punir ? La version finale du projet de loi ' Création et Internet   ' a été présentée ce matin au Conseil des ministres par Christine Albanel, en charge de la Culture et de la Communication. Après avoir reçu le feu vert du Conseil d'état, qui aura toutefois procédé à quelques retouches, le projet de loi que tous surnomment déjà Hadopi, du nom de l'Autorité qu'il institue, devra maintenant être soumis à l'approbation des sénateurs. Christine Albanel, qui n'a pas oublié les déboires connus par son prédécesseur lors du vote de la loi DADVSI, aura fort à faire : le soutien explicite du chef de l'Etat confère au projet une coloration politique certaine, susceptible d'enflammer les chambres, et de nombreuses voix dénoncent déjà certaines des mesures préconisées par le texte.

Aujourd'hui finalisé, celui-ci a également fait aujourd'hui l'objet d'une présentation à la presse. L'occasion d'en justifier le bien fondé, et de répondre à certaines critiques. ' Nous savons que nous n'allons pas éradiquer le problème du piratage à 100% mais nous pensons que nous pouvons le réduire significativement ', a déclaré Christine Albanel. ' Si nous arrivons à faire baisser de 70% à 80% les actes de piratage, ce sera déjà considérable. C'est l'objectif '.

Voulu par Nicolas Sarkozy, ce projet de loi est pour mémoire issu des conclusions rendues au gouvernement par une force de travail emmenée par Denis Olivennes, alors PDG de la Fnac. Cette mission a donné lieu, le 23 novembre dernier, à la signature d'un accord de principe entre de nombreux ayant-droits (musique, cinéma, télévision), les fournisseurs d'accès à Internet et des représentants du gouvernement, selon les termes duquel l'ensemble des acteurs concernés cherchera à élaborer ensemble une réponse au problème du téléchargement illégal.

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Avant d'aborder le volet répressif, la ministre de la Culture a tenu à rappeler que le projet de loi ' Création et Internet ' prévoyait de favoriser le développement d'une offre légale de contenus audio et vidéo sur le Web. Concrètement, les mesures d'encadrement de cette offre se résument à deux points. Premièrement, généraliser la suppression des mesures techniques de protection, les DRM, à l'ensemble de l'offre de musique en ligne. Sur ce point, les signataires des accords de l'Elysée du mois de novembre devraient s'engager à supprimer les DRM en matière de musique dans les douze mois qui suivront la mise en application de la loi.

Du côté du cinéma et de la télévision, c'est sur la VOD, ou vidéo à la demande, que se concentrent les espoirs. Bien que les problèmes d'interopérabilité soient, comme pour la musique, un frein au développement de ce secteur, aucune mesure ne concerne les DRM. Ici, l'idée est de calquer la fenêtre de diffusion en VOD sur celle appliquée au DVD. De sept mois et demi, le délai nécessaire à la publication d'un film en VOD passera à six mois, l'objectif étant à terme de parvenir à trois ou quatre mois maximum.

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' La lutte contre le piratage va changer complètement de logique ', a commenté Christine Albanel. ' Désormais, la lutte sera essentiellement pédagogique, puisque deux avertissements précéderont toute sanction à l’encontre de l’internaute '. La Ministre de la Culture souhaite donc mettre en place un dispositif à mi chemin entre la prévention et la dissuasion, selon le principe désormais connu de ' riposte graduée  '.

L'internaute convaincu de téléchargement illégal recevra d'abord un courrier électronique d'avertissement. En cas de récidive, une lettre recommandée sera adressée au propriétaire de la ligne Internet utilisée. Enfin, une suspension de l'abonnement, allant de trois à douze mois, pourra être prononcée. Une ' transaction  ' sera proposée aux internautes : en acceptant de signer un engagement écrit, ils pourront voir la sanction ramenée à une durée comprise entre un et trois mois. Dans le cadre des offres triple play, le gouvernement souhaite que télévision et téléphone soient maintenus, mais reconnait n'avoir pas encore abordé les modalités techniques avec les FAI.

Afin de ne pas pénaliser leurs activités, les entreprises se verront proposer l'installation d'un dispositif de filtrage afin que leurs employés ne puissent pas télécharger illégalement.

Il appartiendra donc à chacun de sécuriser sa ligne Internet et de vérifier ce qui y circule, résume-t-on rue de Valois, conformément à l'article L. 335-12 du code de la propriété intellectuelle, qui jusqu'ici n'assortissait le non respect de cette consigne d'aucune sanction. Les FAI commercialiseront d'ailleurs des logiciels de filtrage visant à garantir l'utilisation ' licite  ' de la ligne, et pouvant exonérer l'internaute de toute responsabilité.

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C'est la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, dite Hadopi, qui se chargera de l'envoi de ces avertissements et de l'application des sanctions. Instaurée suite au vote de la loi DADVSI, l'Autorité de régulation des mesures techniques (ARMT) devient cette nouvelle institution, qui sera financée par des fonds publics, avec un budget annuel de fonctionnement estimé à 15 millions d'euros.

' La Haute Autorité n’exercera aucune surveillance généralisée des réseaux et des internautes, pas plus d’ailleurs que les fournisseurs d'accès Internet : comme c’est déjà le cas aujourd’hui, toutes les procédures partiront de la constatation, ponctuelle, morceau de musique par morceau de musique et film par film, d’un téléchargement illicite ', explique la ministre. Concrètement, les ayant-droits continueront à détecter les actes de téléchargement. Ils pourront ensuite saisir l'Hadopi, et lui transmettre l'adresse IP des internautes incriminés.

L'Hadopi se chargera ensuite de contacter les FAI pour récupérer les informations personnelles, et expédier ses avertissements. Objectif : ' plusieurs milliers de messages par semaine ', afin de sensibiliser rapidement la population et d'obtenir une baisse immédiate du nombre de téléchargements illégaux. En 2006, un milliard de fichiers auraient été échangé de façon frauduleuse, affirme C. Albanel. En cas de litige, l'internaute devra se tourner vers les canaux traditionnels de la justice pour faire valoir ses arguments. Les tribunaux resteront par ailleurs compétents pour toutes les affaires de piratage ' industriel  '. En théorie, la ' double peine   ' est écartée, mais rien n'interdit pour le moment à un ayant droit de jouer sur les deux tableaux.

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Au niveau européen comme au niveau français, le projet dans son ensemble et tout particulièrement la question de la suspension de l'abonnement à Internet a soulevé de nombreuses critiques, auxquelles la rue de Valois tente de répondre du mieux qu'elle le peut. Attaque récurrente : le projet serait ' liberticide ', dans la mesure où il instituerait une nouvelle Autorité échappant à tout contrôle, et risquerait de porter atteinte à des droits fondamentaux.

Invoquant les Lumières, la ministre explique que ce projet de loi vise ' à rétablir l’équilibre, aujourd’hui rompu, entre deux séries de droits fondamentaux : d’une part, le droit de propriété et le droit moral des créateurs, qui sont bafoués, et, d’autre part, le droit au respect de la vie privée des internautes qui est aujourd’hui, en pratique, absolu '.

Pascal Nègre, PDG d'Universal, réfute également ces critiques. ' Ce projet n'a rien de liberticide. Bien au contraire ! La France sera le pays où la lutte contre le piratage sera le plus fermement encadrée. C'est la raison d'être de l'Hadopi '. Tous rappellent que la Cnil devrait donner son aval, et que seule l'Hadopi disposera des données personnelles de l'internaute.

Soucieuse de faire oublier l'épisode de l'amendement Bono au parlement européen, Christine Albanel souligne par ailleurs le ' très vif soutien  ' manifesté à son projet par la Commission européenne. Si celle-ci réfléchit effectivement aux méthodes à mettre en oeuvre pour protéger le droit d'auteur, ses membres ne semblent toutefois pas aussi unanimes que le souhaiterait la rue de Valois.

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Christine Albanel voulait que le projet soit présenté en première lecture au Sénat avant la coupure estivale, ce qui ne sera sans doute finalement pas possible. Le texte passera donc devant la Chambre à la rentrée. Le budget de l'Hadopi sera quant à lui abordé dans le cadre du projet de loi de finances 2009. Si rien ne vient perturber les plans du gouvernement, l'Autorité pourrait entrer en fonction le 1er janvier 2009, et immédiatement commencer à distribuer ses courriers.

Rejeté en bloc par les internautes, soutenu par un président qui n'est pas au mieux dans les sondages et dont la majorité est divisée sur le sujet, le projet de loi Hadopi sera sans doute l'objet de débats houleux. De nombreux points posent en effet problème. Comment, et à quelle vitesse, les litiges seront-ils gérés par la justice ? Que donneront les expérimentations en cours en matière de filtrage ? Est-il pertinent de mettre en place un dispositif d'une telle lourdeur plutôt que de vraiment favoriser le développement de l'offre légale, et accompagner les industries concernées dans leur virage vers Internet ? Rien ne dit que l'internaute sanctionné, habitué à consommer sa musique comme il l'entend, sera enclin à s'inscrire dans le schéma parfois contraignant des offres légales...

D'autre part, ces mesures seront-elles efficaces, dans un monde où la technologie s'adapte des plus rapidement aux usages, et où l'on ne trouve aucune frontière ? Il est déjà possible de chiffrer ses échanges, de télécharger des fichiers sur des réseaux privés ou de masquer son adresse IP afin de ne pas être détecté. Aujourd'hui, ces techniques sont réservées à une petite frange de la population des internautes, mais l'adolescent d'aujourd'hui ne tardera pas à se renseigner sur l'utilisation d'un proxy s'il pense que cela lui permettra de télécharger en toute impunité. ' Je suis pas sûr que ça marche, mais ils ont au moins le mérite d'essayer ', commentait, rue de Valois, un représentant de l'industrie du cinéma.
 
 
 
le 19 Juin 08 à 16h18
 
Un gouvernement idiot, par conséquent une loi purement idiote. En effet, plusieurs exemples qui montrent que la loi n'est pas applicable. Tout d'abord le WIFI. Si j'étais un pirate, je pirate le wifi d'un voisin et c'est le voisin qui est inquiété et ce n'est pas moi, je me suis d'ailleurs fait pirater mon réseau il y a un an environ et je l'ai vu car je n'avais pas activer un paramètre, dans le cas contraire cela serait passé inaperçu. En outre, si je possède déjà l'oeuvre musicale et que pour une raison X ou Y un morceau devient défectueux et que je le télécharge je suis perçu comme un pirate or je ne le suis pas car j'ai acheté les droits. De même avec les DVD... Par conséquent, il faut trouver une autre méthode car il faut absolument sanctionner le piratage mais pas en proposant des choses absurdes
 
 
 
le 19 Juin 08 à 19h23
 
Début de la guerre en Janvier 2009.

l'Autorité pourrait entrer en fonction le 1er janvier 2009.
 
 
 
le 21 Juin 08 à 15h12
 
Normalement nous avons le droit de copier une oeuvre que l'on possède (sauvegarde).
 
 
 
le 22 Juin 08 à 01h08
 
ils ont qu'à arreter de vendre des cd vierges et dvd vierges alors ou des graveurs de cd lol
ils sont bien contents dans ce cas la d'empocher le blé. deja faut supprimer les ventes de singles car ça sert plus à rien. Ceux qui achetent des singles sont les jeunes et ce sont eux qui savent utiliser internet et qui telecharge aussi donc je pense que cest bien de travailler sur le tel legal pour qu'il se généralise davantage.
Et puis avant qu'ils résilient les abonnements internet on aura deux avertissements mais je sais pas trop com ça se passe en fait
Nos fournisseurs dacces verront si on tel ne serait ce qu'une chanson et la hop ils nous mailent ou faut vraiment qu'ils tombent sur nous pour nous attraper ?
 
 
 
le 22 Juin 08 à 01h47
 
Faut relire l'article tout est dit.
 
 
 
le 22 Juin 08 à 09h50
 
Ils ont l'air d'oublier ce qui représente un pan important du téléchargement illégal : les séries américaines.

Pourquoi ces dernières sont-elles téléchargées illégalement ? Parce que les chaînes françaises attendent trop longtemps avant de diffuser les nouvelles saisons. En plus de cela, les versions doublées qu'elles proposent sont généralement très mauvaises.

Tant que la version originale sous-titrée ne se démocratisera pas en France, et malgré cette fantastique idée de la riposte graduée (...), les téléchargements illégaux (notamment de séries) continueront ! Et il est tout à fait possible de proposer très rapidement une série américaine en version sous-titrée ! Prenons un exemple : le final de la saison 4 de DESPERATE HOUSEWIVES était diffusé le 18 mai dernier aux Etats-Unis, le 3 juin, il passait à la télévision norvégienne !

C'est peut-être bien qu'ils fassent une loi qui ne soit pas trop punitive, mais il faudrait veiller à mobiliser les bons moyens pour qu'elle soit efficace...
Edité le 22/06/2008 à 09:50
 
 
 
le 22 Juin 08 à 15h06
 
Plus de 50 artistes se mobilisent contre le piratage sur internet. www.leblogtvnews.com...
 
 
 
le 22 Juin 08 à 16h52
 
Soit ils changent de termes, soit ils arretent de ne pas se prendre pour de la merde.
Piller nos "oeuvres" ??? Ce ne sont que mes gouts, mais jamais j'utiliserais naturellement "oeuvre" pour parler de

Etienne Daho,
Christophe Maé,
Jenifer,
M Pokora,
Isabelle Boulay,
Martin Solveig,
Marc Lavoine,
Calogero,
Pascal Obispo,
Elie Seimoun,
Bob Sinclar,
André Manoukian,
Soprano,
BB Brunes,
Liane Foly,
Emmanuelle Seigner,
Kenza Farah,
Shine,
Camaro,
Diam's,
Cali.
Grande Sophie.
 
 
 
le 22 Juin 08 à 17h15
 
Et si je volais des oeuvres que tu possèdes, même si ce n'est pas toi qui ait fait !!! Serait-ce se prendre pour de la m.... ?
 
 
 
le 22 Juin 08 à 19h40
 
OK... Non je parle du therme "œuvre" qui est un peu pompeux. "Notre travail" ou "notre musique" ça me gonfle moins, mais "nos oeuvres", faut arrêter quoi.
 
 
 
le 22 Juin 08 à 20h02
 
Oeuvre fait pompeux c'est vrai. Malgré tout, la loi parle de "créateurs" et "oeuvres", c'est selon les articles. Elle ne fait pas distinction des bons et mauvais créateurs. De tous les noms cités précédamment, je n'achète pas non plus. Des 50 et plus (j'imagine), tous ne sont pas mauvais.
 
 
 
le 24 Juin 08 à 19h26
 
moi jepense qu'il faut minimiser les choses;si on telecharge quelques morceaux ou une centaine et puis le et puis Daddie 1981 la dit tres justement ne vender plus de disque ni d'appareils pour les enregistrer duchesse06
 
 
 
le 24 Juin 08 à 19h57
 
Maxime, ta liste est presque parfaite, il ne manque que Anne Roumanoff et Alain Souchon !

Mais d'abord es tu sûr qu'on télécharge ces tocquards ?
Pour moi, ils ne sont pas concernés.
 
 
 
le 25 Juin 08 à 12h24
 
... vous souvenez - vous que l'on "téléchargeait" sur des cassettes les émissions ou musiques diffusées par les radios ...
 
 
 
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le 06 Août 08 à 10h31
 
Ce qui dérange les majors du disque et du cinéma, c'est que nous, pauvres français touchés de plein fouet par la crise du pouvoir d'achat, c'est de pouvoir se rendre compte de la qualité d'un film ou d'un disque avant de l'acheter. Fini de se faire avoir par une bande-annonce tape à l'oeil, et claquer 10 euros dans un film pourri, ou bien se faire vendre du rêve sur un album avec le single qui est, finalement, le seul titre valable de l'album.

Aucun acteur de ce débat ne parle de la baisse qualitative générale des oeuvres, ou au moins ce qu'on appelle "le haut du panier". Il serait temps que ça vienne sur la table.
 
 
 
 
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