Albert Dupontel s'intéresse très tôt au cinéma. Ne se sentant pas aussi à l'aise que ça dans ses étude de médecine, il décide de tout plaquer pour s'orienter vers le théâtre. Il suis la formation du Théâtre National de Chaillot.
Il débutera au cinéma dans les années 80, notamment dans La bande des quatre de Jacques Rivette. En 1990, il est engagé par Canal + pour une mini série, les Sales Histoires, mettant en scène lui-même et son ami Michel Vuillermoz dans des histoires où l'humour absurde côtoie l'humour noir, violent et graveleux. Patrick Sébastien le remarque et le lance sur scène, où il jouera son
Sale Spectacle. L'humour français compte désormais un nouvel artiste, qui se démarque du reste. Les sketches de Rambo, le Bac et 30 Millions de Mamies sont désormais des classiques. Albert Dupontel se fait donc un nom en ce début des années 90. Il jouera par ailleurs son spectacle à l'Olympia.
Mais il n'oublie pas son premier amour, le cinéma. Les recettes du spectacle l'aident à s'essayer au métier de scénariste et réalisateur. En 1992, il réalise
Désiré, l'histoire absurde d'un accouchement dans le futur qui se déroule mal. Son style visuel rappel celui de Terry Gilliam, réalisateur dont il se dit admirateur. Ce premier essai annonce déjà l'arrivé d'un enfant terrible du cinéma qui s'amuse avec la caméra. Vues subjectives, montage très cut lors de scène d'action, musique rock nerveuse et énergique, Albert Dupontel commence dès ce film ses expérimentations. En parallèle, il continue le métier d'acteur. On se rappelle de lui dans Un héros très discret[/nom], de Jacques Audiard.
En 1996, il frappe fort en réalisant et interprétant
Bernie, son premier long-métrage. Ses fans ne sont pas déçus.
Bernie est un chef d'œuvre d'humour noir et méchant. Dupontel confirme ce que l'on a vu dans
Désiré et se déclare comme un passionné de l'outil qu'est la caméra. Et cela se remarque. On retiendra ses improvisations devant un caméscope, parlant du bien fait des hyènes dans l'amitié. Trois ans plus tard, il réalise son film le plus complet à ce jour,
Le Créateur. Loin de la noirceur et de la saleté de
Bernie,
Le Créateur est une réflexion plus que pertinente sur le statut de l'artiste, celui qui doit créer pour se sentir exister. Mais le succès n'est pas au rendez vous. Le film passe presque inaperçu, excepté pour les fans d'Albert Dupontel, qui suivent l'évolution de ce réalisateur en herbe.
Son prochain projet demande beaucoup plus de moyens et de temps. Avant de le revoir derrière la caméra, on peut le retrouver dans plusieurs films dont
Serial Lover,
la Maladie de Sachs,
Petites misères, et le film-scandale
Irreversible, où il rencontrera son futur directeur de la photo. Puis viennent le très moyen Monique[/nom], le sombre Convoyeur et le « jeunesque »
Un long dimanche de fiançailles. 2006 est l'année Dupontel. Magistral dans le succès de Danièle Thompson,
Fauteuils d'orchestre, Albert Dupontel est attendu de pied ferme avec son troisième long-métrage,
Enfermés dehors. Son cartoon social déjanté séduit et ne déçoit pas. En plus de la touche Dupontel, on ressent les influences de réalisateur pour qui il a tourné : Jean Pierre Jeunet, Gaspar Noé...
Annoncé dans
Président,
Avida,
Odette Toulemonde et
Jacquou le Croquant, Dupontel squattera nos écrans les mois qui suivent, en attendant son prochain délire visuel…