Remue-ménage du côté de Saint-Denis. En ce début de semaine, le maire LFI de la ville, Bally Bagayoko, est en colère. Jeudi 23 juillet, l'association "Suivez la flèche", ayant pour mission la reconstruction de la flèche et de la tour nord de la Basilique de la ville, tombeau des rois de France, a élu son nouveau président : un certain Stéphane Bern. "Je suis heureux d'avoir été élu à l'unanimité des votants", avait déclaré l'animateur de France Télévisions la semaine dernière à l'AFP. Mais cette nomination ne plaît pas du côté de la mairie de Saint-Denis, les deux précédents maires de la cité ayant été les présidents de cette association de reconstruction, avant que la mission ne soit attribuée à l'animateur de "Secrets d'histoire".
Jeudi 23 juillet, donc, Bally Bagayoko avait décidé de quitter la réunion précédant l'élection du président de "Suivez la flèche", ne donnant pas sa voix à Stéphane Bern. Dimanche 26 juillet, l'élu LFI a pris la parole, cette fois via un communiqué de presse, pour dénoncer une élection qu'il juge invalide. "Nous dénonçons une procédure entachée de graves irrégularités, a écrit le maire, qui a listé "plusieurs manquements", parmi lesquels "la présidence irrégulière de l’assemblée générale par le président sortant [Mathieu Hanotin, ex-maire de Saint-Denis, ndlr], dont les mandats de représentant de la Ville de Saint-Denis et de Plaine Commune avaient expiré." "Pris séparément, chacun de ces manquements est préoccupant. Ensemble, ils traduisent une même logique : organiser le renouvellement des instances dirigeantes en méconnaissance des règles statutaires", déplore l'édile. Ces irrégularités auraient dû conduire au report des opérations électorales et à la convocation d’une nouvelle assemblée générale. Elles n’ont pourtant pas empêché le conseil d’administration d’élire Monsieur Stéphane Bern à la présidence de l’association, alors même que les fragilités juridiques de cette procédure ne pouvaient être ignorées."
Pour Bally Bagayoko, cette élection marque "une rupture inédite", avec un maire de Saint-Denis "écarté de la présidence d’un projet emblématique pour le territoire." "Nous dénonçons des manœuvres ayant conduit à contourner les statuts de l’association, avec le concours de plusieurs responsables exerçant de hautes fonctions au sein des administrations de l’État, ajoute le maire dans son communiqué. Nous regrettons qu’une procédure présentant de telles fragilités ait été maintenue malgré les alertes formulées avant les opérations électorales. En conséquence, nous nous réservons le droit de saisir les juridictions compétentes afin de faire constater ces irrégularités et, le cas échéant, d’obtenir l’annulation des décisions prises lors de l’assemblée générale du 15 juillet et du conseil d’administration du 24 juillet".
"Les choses se sont évidemment déroulées dans un processus régulier", réfute auprès de l'AFP Mathieu Hanotin, "un peu désabusé et déçu parce que (...) dans la vie, il y a des projets qui doivent nous rassembler". "Si certains souhaitent contester les conditions de cette élection, notre droit prévoit les procédures permettant à chacun de faire valoir ses arguments, a de son côté réagi Stéphane Bern auprès de l'AFP. Pour ma part, je ne souhaite pas alimenter de polémique", a-t-il conclu.