C'est la polémique médiatique de cette deuxième semaine de septembre 2025. Editorialistes et chroniqueurs se sont donné à coeur joie d'analyser, avec ou sans humour, une vidéo enregistrée à l'insu de Thomas Legrand et Patrick Cohen, au cours de laquelle les deux journalistes semblent faire preuve de connivence avec le Parti Socialiste contre la ministre de la Culture, Rachida Dati. Dernier trublion en date à reprendre l'affaire avec sa faconde : François Morel, observateur de l'actualité pour France Inter. Dans son billet du vendredi 12 septembre, l'humoriste de la matinale de la station n'y est pas allé de main morte contre les journalistes de "L'Incorrect", magazine qui a publié cet extrait vidéo.
"Fils de p*** n’est pas une insulte que j’utilise dans la vie de tous les jours. (...) Enc*** est également une injure que généralement je me refuse d’employer car le fait d’être adepte passif de la sodomie n’implique pas à mes yeux que l’on soit une personne infâme", a avancé le comédien, avant de désigner la cible de son commentaire sous vitriol sans jamais la citer. "J’avoue que ce sont cependant ces deux invectives communément considérées comme outrageantes qui me sont naturellement venues à l’esprit quand la semaine dernière j’ai appris l’épisode de la vidéo volée où l’on voit Thomas Legrand et Patrick Cohen discuter avec deux responsables du PS".
François Morel estime que la diffusion de ces images relevait d’une "pratique profondément choquante" et a dénoncé ceux qui ont relayé cette "vidéo "honteuse". "C’est en invoquant ces individus malfaisants que les deux insultes précédemment citées me sont venues à l’esprit. À moins d’avoir un esprit de merde, on ne voit pas de collusion dans des journalistes politiques qui rencontrent des hommes politiques", a-t-il conclu, prenant la défense de ses collègues.
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Cette sévère sentence s'est retrouvée tout en haut du conducteur de "L'heure des pros", présentée par Eliot Deval sur CNews, ce samedi matin. Directeur de la rédaction de "L’Incorrect", mais aussi chroniqueur sur cette même chaîne, Arthur de Watrigant a été amené à réagir en direct. D'abord sarcastique, il a ensuite exposé trois explications pour décrypter la prise de position de François Morel. "Je ne sais pas ce que vient faire maman là-dedans, désolé pour elle", a-t-il déclaré en préambule. "Je ne dis pas que le côté ambiant de taverne à 4 heures du matin ne peut pas avoir un certain charme mais sur France Inter, à 9 heures, c’est un peu gênant".
Puis, le journaliste du magazine mensuel a avancé ses hypothèses. "Je vais éliminer l’expertise médicale Gilles de La Tourette, on laisse ça à la gauche, ils aiment ça. La première explication c’est que dans la République des copains tout est permis. En fait, c’est Gilles de La Tourette qui va défendre Bouvard et Pécuchet et qui va le défendre en insultant gravement, son billet n’est pas humoristique, il est très sérieux quand il le dit", a-t-il lancé. Et de poursuivre : "La deuxième explication c’est la certitude d’être dans le camp du bien fait qu’on ne voit aucun problème à utiliser un bien public, une radio publique, pour défendre ses idées et défendre ses amis. Il y a une troisième explication que je trouve un peu plus positive c’est que je les trouve quand même très fragilisés, l’hégémonie est un peu fissurée. Le comité d’éthique de France Télévisions, personne ne savait qu’il existait. Ils ont pris l’affaire suffisamment grave pour dire : 'On va faire quelque chose'. Puremédias vous propose de visionner son intervention dans la vidéo en tête d'article.
Après avoir la dernière instance nommée par Arthur de Watrigant a décidé de dédouaner Patrick Cohen de toute faute dans cette "conversation privée". Le journaliste officiant sur France Inter et "C à vous" (France 5) sera donc à l'antenne de ces deux médias le lundi 15 septembre. En revanche, Thomas Legrand s'est vu confisquer son débat hebdomadaire sur la radio privée, mais continuera d'intervenir dans d'autres émissions de la grille. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique doit auditionner prochainement Delphine Ernotte-Cunci et Sibyle Veil, respectivement présidentes de France Télévisions et de Radio France.

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