Souvenez-vous, le 3 juillet dernier, Ashley Chevalier, le visage du "Dej' info" de BFMTV, a fait ses adieux à la chaîne après dix ans de bons et loyaux services. "Peu de métiers offrent autant d'émotions que celui-ci. BFMTV m'en a offert pour une vie entière", avait notamment déclaré à l'antenne celle qui a décidé de faire valoir sa clause de conscience, après le rachat du groupe Altice (maison mère de RMC-BFM) par CMA Media, filiale du groupe CMA-CGM dirigé par le milliardaire Rodolphe Saadé. La journaliste a été choisie par M6 pour remplacer Dominique Tenza à la tête des "12.45" et "19.45" du week-end. Elle sera à l'antenne les vendredis soir, samedis midi, samedis soir, dimanches midi et dimanches soir. Sa grande première à la présentation du JT de la Six aura lieu ce vendredi 29 août 2025. Pour l'occasion, Ashley Chevalier s'est confiée à Puremédias.
Propos recueillis par Mathis Ferrut
Puremédias : Pourquoi avez-vous décidé de quitter BFM ?
Ashley Chevalier : Parce que ça faisait dix ans. Neuf ans à Paris, car j'avais été embauchée un an avant en Angleterre. J'avais envie d'autres choses, c'est normal dans une carrière. Et l'opportunité de partir s'est présentée parce qu'il y avait cette histoire de clause de cession qui a fait réfléchir tout le monde. Et je me suis dit que c'était le moment d'aller voir ailleurs.
Pouvez-vous nous expliquer comment s'est fait votre arrivée sur M6 ?
Quelques jours après ma décision de quitter BFM, Dominique Tenza, lui, faisait le chemin inverse et le poste s'est libéré. Du coup, il y a eu un casting que j'ai passé, un processus de recrutement qui a été assez long, qui a duré plusieurs semaines. J'ai passé un casting dans des conditions du direct et dans les conditions d'un "19.45" classique. J'ai travaillé avec Dominique pendant une journée pour préparer le journal. Et ensuite, j'ai rencontré toutes les personnes qu'on a à rencontrer. Voilà comment j'ai atterri ici.
Comment s'est déroulé le processus de recrutement ?
Il y a un casting qu'il vaut mieux réussir. Je crois que ça n'a pas trop mal marché. Ce qui est assez marrant, c'est que je n'ai jamais vu ce casting. Je ne sais absolument pas à quoi il ressemble. C'était la première fois que j'utilisais un prompteur donc c'était vraiment un saut dans l'inconnu. Et puis ensuite, et c'est normal, il y a plusieurs personnes qui prennent des décisions, j'en connaissais certaines parce que ce sont des personnes avec qui j'ai déjà travaillé dans d'autres rédactions, il y en a aussi d'autres que je ne connaissais pas. Il a fallu que je les rencontre, que je parvienne à convaincre en expliquant pourquoi je pensais avoir le profil nécessaire et pourquoi j'avais très, très, très envie de ce poste.
"Il n'y aura pas de révolution du "12.45" et du "19.45", je n'ai pas été recrutée pour ça"
Ashley Chevalier
Y aura-t-il des nouveautés dans les journaux ?
C'est un format qui fonctionne très bien donc il n'y aura pas de révolution. Et ce n'est pas l'idée, moi, je n'ai pas été recrutée pour ça. Le "12.45", le "19.45" marchent bien. Il y a une cible, ce sont les jeunes. On est à l'écoute des téléspectateurs. On leur parle. C'est quelque chose que j'aime faire. Et du coup, je viens avec ça, c'était déjà le cas avant. Moi, j'ai l'intention de rester la même. De toute façon, je ne sais pas si je ressemble au JT ou si c'est le JT qui me ressemble, mais en tout cas, on s'est bien trouvés.
Vous avez déjà commencé les répétitions. Qu'est-ce que ça change de présenter un JT sur M6 ou une chaîne info ?
Ça change tout. C'est très charté. Il n'y a rien qui dépasse. C'est normal, c'est un JT avec deux éditions par jour. On n'est pas sur de l'info en continu, du direct en continu. Du coup, ce qui va changer pour moi, c'est le fond vert, le prompteur, l'improvisation inexistante. Il faut que tout soit écrit. On fait tout à la seconde. C'est une autre façon de travailler. Et ça me plaît de changer, d'avoir une nouvelle corde à mon arc. Pour le moment, ce qui est difficile à appréhender, c'est vraiment ce nouveau plateau. Sur BFM je travaillais sur des décors naturels sur lesquels on se voit, il y a des écrans, c’est assez facile d'évoluer dans le décor. Là, c'est comme si on me bandait les yeux. Mais au sens propre. Du coup, il faut que j'apprenne les automatismes, que j'apprenne tous ces mouvements. Et ça, c'est très différent.
Vous allez en plus devoir faire avec la 3D...
Il y a depuis quelques années de la R1, mais là, on va pousser encore plus les décors qui sont de plus en plus immersifs. J'ai vu des exemples de stations-services, de supermarchés qui sont super. Les présentateurs sont vraiment intégrés dedans. Et ça, il faut imaginer que nous, on ne voit rien. Il faut être placé… C'est au centimètre près.
Et c'est un stress en plus ?
Oui, ça fait partie des choses qui me stressent. Parce qu'il faut être dans la bonne lumière. Mais tout le monde est très bienveillant, patient. Par exemple, là, j'ai fait des répétitions. On a répété le générique cinq fois. Parce que le générique est en mouvement et qu'il faut s'arrêter à un certain endroit et, tant que ce n'est pas devenu un automatisme, ça ne marche pas.
Ça change de BFM où vous étiez assise derrière votre pupitre...
Exactement. Là-bas, si on n'est pas au bon endroit, on peut se regarder dans un retour. Moi, sur M6, je n'ai aucun retour.
Et au niveau du traitement de l'information, qu'est-ce qui change ?
Pas grand-chose. Toujours autant de rigueur. Je pense toujours être à l'écoute du téléspectateur. Vraiment, c'est une boussole pour moi. Ça l'était déjà à BFM, ça le sera aussi ici. Que dire d'autre ? Ce qui me plaît, c'est que c'est un journal qui est divisé en deux. Il y a une grosse moitié d'actu pure news et une partie plus magazine, plus culture, qui me plaît, qui me manquait à BFM. Parce qu'il y a de la culture sur BFM, mais ce sont des cases qui sont spécifiques et sur ma tranche, il y en avait moins.
Peut-être que le choix des sujets est différent, car vous ne visez pas la même cible.
Je pense que la volonté de proximité et de parler à toute la France est essentielle. Donc on va être un peu moins sur l'international, plus sur de l'actu nationale, plus concernante.
Comment faire pour attirer un public plus jeune ?
Il faut que je revienne un petit peu dans le coup. Parfois, les sujets culture de M6 sont un peu loin de mes préoccupations, parce que je suis un peu vielle école dans le fond… Mais oui, bien sûr, je serai vraiment dans le coup. (rires)
Vous devenez rédactrice en chef adjointe. Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
Je n'y ai pas trop pensé. J'ai toujours plus ou moins apporté mon grain de sel, mon grain de sel non-officiel. (rires) C'est une responsabilité. Avant, je donnais une idée en l'air et puis j'étais persuadée d'avoir raison. Si ça marchait tant mieux, si ça ne marchait pas, je n'étais pas comptable. Quand on est rédacteur en chef, on est comptable des bonnes choses, des mauvaises choses. Je pense donc que je serai plus attentive à ça.
L'écriture des lancements est-elle très différente par rapport à BFM ?
Non. La seule différence, c'est qu'il n'y a pas d'impro. Après, j'essaie toujours d'avoir un langage parlé, évidemment dans un français correct, et de m'adresser vraiment aux téléspectateurs. J'ai beaucoup tendance à dire "vous". Et parfois même à dire "je". Et je pense que je continuerai.
"Je vais essayer de ne pas me mettre la pression sur les audiences"
Ashley Chevalier
Vous serez à l’affût des audiences dès samedi matin ?
Non. En tout cas, pas au début. Je vais essayer de ne pas me mettre la pression.
Mais en règle générale, vous êtes attentive aux audiences ?
Ce serait hypocrite de dire "non pas du tout". Effectivement, il faut les regarder les audiences. Je pense que ça bouscule de temps en temps. Et que ça sert à se dire : "OK, là, il y a des choses à changer" ou "il faut évoluer" ou "on ne va peut-être pas dans la bonne direction". Mais je pense qu'il faut les regarder plutôt à moyen terme et pas dans l'immédiateté. C'est-à-dire que regarder du jour au lendemain, c'est se mettre une pression inutile. Se déprimer. Mais en revanche, les regarder sur plusieurs semaines, sur un mois, là, on peut en tirer des leçons.
Est-ce qu'il y a quand même un stress de faire aussi bien que les autres ?
Oui. Évidemment qu'il y a un stress. Si les audiences sont catastrophiques, évidemment, je serais déçue. Mais je pense que le produit est plus important que l'incarnation.
Sur le plateau du JT, vous ne risquez pas de faire louper le train à quelqu'un (une séquence sur BFMTV qui avait fait le tour des bêtisiers en 2023)…
C'est l'avantage d'avoir arrêté le terrain (rires).
Cette séquence a fait le tour des réseaux sociaux, on vous en parle encore aujourd'hui ?
Oui, on m'en parle encore. En fait, je serais curieuse de retrouver cette dame. J'espère qu'elle le vit bien parce que c'était rigolo. On ne l'a évidemment pas fait exprès. Ça fait partie des chouettes souvenirs de terrain. C'est drôle parce que c'est complètement naturel. Ce n'est pas calculé. Je vis ce moment terrible. J'ai une peine infinie pour cette dame.
Vous allez travailler tous les week-ends maintenant. Votre vie personnelle va-t-elle en souffrir ?
Oui, je ne partirai plus en week-end. (rires) Ce n'est pas très grave. J'ai fait de la matinale. J'ai travaillé à Noël. J'ai travaillé pendant les vacances. On est habitué aux horaires décalés. Je m'en accommoderai. Mes proches savent depuis longtemps qu'a priori, je ne ferai pas 10h-18h. Quand on fait ce métier, il y a des avantages et des inconvénients. Ça fait partie des inconvénients, mais il y a pire.
Vous arrivez sur M6, vous devenez un visage du PAF, vous allez forcément intéresser la presse people. Etes-vous préparée à ça ?
Mais je n'intéresse pas les journaux people moi. Je pense qu’on est très, très loin des paparazzis (rires). Je vis avec une certaine discrétion qui va rester. Je me fais violence pour réintégrer les réseaux sociaux. (rires) Généralement, les personnes qui t'adressent la parole et qui viennent te voir dans la rue, c'est plutôt bienveillant. Ce serait hypocrite de dire "je passe à la télé et je ne veux surtout pas qu'on me reconnaisse et qu'on m'arrête dans la rue". On fait avec et, encore une fois, ce n'est pas vraiment désagréable. En tout cas, à mon échelle, je peux partir en vacances tranquille. Je peux me promener dans la rue sans souci.
Présenter un JT était l'un de vos rêves. Racontez-nous d'où vous est venue cette envie.
Je ne sais pas. J'ai toujours voulu faire ça. J'ai toujours voulu faire ce métier. Et dès petite, j'ai toujours rêvé de présenter un JT. Peut-être parce que je ne connaissais que ça du journalisme. Pour moi, quand j'étais enfant, être journaliste, c'était que la dame ou le monsieur qui présentait le journal. J'ai appris après qu’il y avait des reporters, des rédacteurs en chef... J'ai toujours été très impressionnée par les JT nationaux. Et aussi par celui de M6. Donc c'est un accomplissement.
Avez-vous rencontré Nathalie Renoux et Xavier de Moulins ?
Oui. J'étais justement en train de prendre les très bons conseils de Xavier de Moulins juste avant de venir. Il m'expliquait qu'il fallait que je sois un peu plus dans le coup côté actu là (rires). Ils sont tous les deux extrêmement bienveillants. Ce sont des grands professionnels. Je leur fais une confiance absolue dans la mesure où ils le font depuis si longtemps et avec énormément de succès. Je me sens accompagnée et je sais que s'il y a quoi que ce soit, je pourrais aller leur parler. Ils y vont chacun de leurs petits conseils sans être ni péremptoires, ni méprisants. C'est hyper agréable.
"Ce qui est sympa avec le groupe M6, c'est qu'il y a aussi de la radio"
Ashley Chevalier
Est-ce qu'il y a d'autres programmes qui pourraient vous intéresser sur M6 ?
RTL. Ce qui est sympa avec ce groupe, c'est qu'il y a aussi de la radio. J'ai eu l'occasion de toucher un petit peu à la radio lorsque j'étais correspondante à Londres et j'adorerais en refaire. Ce n'est pas du tout à l'ordre du jour, parce que j'ai vraiment envie de me concentrer sur le "12.45"et le "19.45" cette saison et de prendre mes marques. Je suis stressée. J'ai besoin d'être cool. On verra dans quelque temps.
Vous avez déjà des idées de concepts ?
Non. Je suis bonne pour appliquer les concepts, mais en revanche, je ne suis pas bonne pour les trouver (rires).
Ça va être une année très marquée politique. Anne-Sophie Lapix a également rejoint M6. Si jamais il y a des soirées spéciales électorales, vous aimeriez en faire partie ?
Oui je serais très heureuse de retourner sur le terrain à cette occasion. Je ne perds pas ça de vue parce que c'est aussi une façon de sentir les choses, de sentir la France, de rester au contact des Français, de les comprendre. Et en fait, on est meilleur présentateur de JT quand on est bon reporter et qu'on a fait beaucoup de terrain.
Vous avez quitté BFM après 10 ans, la chaîne vit actuellement une mauvaise passe au niveau des audiences. Ça vous fait quelque chose ?
J'ai toujours été très heureuse dans cette chaîne. C'est vrai qu'il y a un trou d'air en ce qui concerne les audiences, mais je n'ai pas trop de doutes. Il y a eu de l'instabilité l'an dernier parce qu'il y a eu des départs, parce qu'il y a eu un changement de direction. Mais ce sont des bons. Dans toutes les boîtes, il y a des moments qui sont difficiles. Je pense qu'ils vont rebondir.
Avez-vous jeté un coup d'œil à la rentrée lundi 25 août ?
Oui. Je ne savais pas où donner de la tête ! (rires) Parce que je voulais absolument regarder un peu BFM, écouter RTL. J'ai voulu voir un peu "Bonjour !" sur TF1... Bref, j'ai tout regardé et du coup, j'ai un avis sur tout... et je ne vous le donnerai pas ! (rires)
Concernant vos prochains invités, y a-t-il quelqu'un que vous rêveriez d'interviewer ?
Céline Dion… Mais M6 l'a déjà fait. Qui a fait cette interview ? Pourquoi ce n'est pas moi ? (rires). Plus sérieusement, j'aimerais tellement que Céline Dion reprogramme ce concert à Paris. Ce serait l'occasion de la recevoir.

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