"Sud Ouest"
Il était sur la sellette depuis des mois, c'est désormais acté : Nicolas Sterckx, directeur général du Groupe Sud Ouest (GSO), a été révoqué vendredi 25 juillet à l'issue de deux conseils d'administration extraordinaires. En poste depuis mars 2022, il avait été convoqué à un entretien préalable dès la mi-juin, avant d'être notifié de son licenciement pour "faute grave" le 18 juillet.
Selon les déclarations d'une source proche de la direction à l'AFP , "il y a eu une longue dégradation des rapports entre l'actionnaire et le directeur général, qui sont la conséquence de performances pas au niveau (...) de ce qu'il avait promis". Un motif qu'il conteste fermement. "Les griefs reprochés ne tiennent pas la route", affirme-t-il auprès du "Monde", dénonçant des "méthodes abjectes".
Sa mise à l'écart vient clore deux années tendues à la tête du groupe régional, qui édite le quotidien "Sud Ouest" mais aussi "La Charente Libre", "La République des Pyrénées," "Dordogne Libre", "L'Éclair" et la chaîne locale TV7. Le management "crispant" de l'ex-patron, son isolement croissant et ses réformes controversées ont accéléré la rupture avec la famille Lemoîne, actionnaire majoritaire. Le rachat de médias comme Placéco ou Ecrans du monde n'a pas produit les résultats escomptés, malgré un chiffre d'affaires global de 180 millions d'euros en 2024.
En 2024, un plan de départs volontaires a conduit à la suppression de 81 postes, dont 18 journalistes. Deux jours de grève ont perturbé la parution du journal en juin. "Le dialogue social (...) était rompu, au niveau zéro", résume auprès de l'AFP David Patsouris délégué SNJ, évoquant des "budgets irréalistes" et des relations dégradées. En arrêt maladie depuis avril pour burn-out, Nicolas Sterckx s'est défendu : "Un plan de départ, ça ne plaît jamais. Je comprends qu'après avoir restructuré une boîte, on ait envie de changer de capitaine." Il a d'ores et déjà annoncé saisir les prud'hommes pour contester son licenciement.
En attendant la nomination d'un nouveau dirigeant, la transition est assurée par Olivier Cotinat, président du conseil d'administration, qui endosse provisoirement les fonctions de DG. La direction de la Sapeso est confiée à Christophe Galichon, secrétaire général de GSO. Le groupe, qui compte environ 700 salariés dont 230 journalistes, continue de revendiquer sa rentabilité globale, malgré les turbulences internes.

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