Après onze ans d'antenne, sa voix ne résonnera plus tous les matins. En juin dernier, Léa Salamé a annoncé sa décision de quitter la matinale de France Inter, pour se consacrer à la présentation du "20 Heures" de France 2 à la place d'Anne-Sophie Lapix, écartée par la direction. Onze ans d'interviews politiques et culturelles, durant lesquels elle a pu créer des liens forts avec l'équipe de la matinale, dont Nicolas Demorand, son binôme, qui lui, reste fidèle au poste.
Le jeudi 3 juillet, la journaliste a donc fait ses adieux à la matinale de France Inter, rendant un hommage appuyé à son ami et collègue, qui a révélé sa bipolarité publiquement cette saison dans le livre "Intérieur nuit", "une idée lumineuse" de Léa Salamé en personne selon lui. "Une rencontre comme ça dans le travail, c'est impossible. Ça n'existe pas", a-t-elle lancé, émue. Et de conclure : "Je t'aime, merci pour tout, pour le supplément d'âme et d'humanité." À l'antenne, son complice lui a répondu, la voix brisée : "Tu vas me manquer. Ça va être dur."
Mais l'émission ne compte pas que des bons souvenirs. Dans une interview accordée à "Paris Match" ce jeudi, Léa Salamé s'est confiée sur un moment profondément tragique vécu durant son expérience à France Inter. En juin 2020, Mathieu Sarda, programmateur emblématique du "7/9", est s'est donné la mort à l'âge de 41 ans. Homme discret mais figure essentielle de la matinale, il était salué à l'antenne par les deux animateurs, très émus.
"Vous ne connaissiez pas son nom, vous n'entendiez pas sa voix à la radio et pourtant, il était ici un visage connu de tous. Il était surtout l'âme de cette matinale. (...) France Inter est sous le choc, notre petite équipe du '7/9' est sous le choc", avait annoncé Nicolas Demorand. "Mathieu était l'être le plus fin, le plus délicat de tous. (...) Il était notre ami, il était mon ami", avait notamment déclaré Léa Salamé.
"Il est difficile pour moi d'évoquer la mort de Mathieu sans pleurer" a-t-elle confié à "Paris Match". "Je n'ai toujours pas compris ce qu'il s'était passé. Il a été le premier à m'avoir souri à France Inter. Il me parlait de Juliette Binoche et d'Annie Ernaux avec passion. Je me voyais faire toute ma vie professionnelle avec lui", poursuit-elle. "Je lui dois énormément et il me manque toujours autant. Je ne m'en remets pas. Je m'en veux de n'avoir pas vu son mal-être. Quand Laurence Bloch (ex-directrice de la station, ndlr) nous a annoncé sa mort, dans son bureau, un lundi matin, je me suis littéralement effondrée par terre. Je suis restée prostrée."

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