La scène s'est déroulée ce jeudi 24 juillet sur le plateau de l'émission "Les vraies voix" diffusée entre 17h et 19h sur Sud Radio. Parmi les invités sur le plateau, la journaliste et réalisatrice Rizlaine Sellika est intervenue pour éclairer un débat sur la montée de l'antisémitisme en France dans le cadre de la guerre menée par Israël à Gaza.
"L'antisémitisme en fait, ce n'est même pas une idée, c'est un délit", déclare-t-elle sans concession. "Ce n'est pas parce qu'on a conscience de ce qui se passe à Gaza qu'on doit être antisémite et avoir la haine des juifs. Je condamne ça totalement", ajoute-t-elle notamment. Invitée à réagir au téléphone, Nathalie Cohen-Beizermann, vice-présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), intervient à son tour : "C'est difficile d'identifier vraiment d'où proviennent les actes antisémites. Ce qu'on peut clairement établir, c'est qu'ils ont été décuplés depuis le 7 octobre (2023, ndlr) (...) Depuis le conflit qui ne fait que trop durer à Gaza, à force d'entendre 'Israël, État génocidaire', ce mot de génocide, il a une portée absolument horrible", ajoute-t-elle.
Rizlaine Sellika tente alors de répondre : "Je suis désolée, c'est un génocide ce qui se passe à Gaza, c'est un génocide", affirme-t-elle. "Alors attendez, excusez-moi, est-ce qu'on peut juste reprendre", coupe alors l'animatrice Judith Beller pour laisser la parole à son invitée au téléphone. "Ce qui se passe c'est une guerre, ce n'est pas un génocide", lui répond la vice-présidente du Crif. "Bah si, c'est un génocide", réitère la journaliste. "Est-ce qu'on peut juste reprendre ?" tente à nouveau la présentatrice.
Les esprits s'échauffent et s'ensuit un brouhaha dans lequel chacun se coupe la parole, les animateurs tentant tant bien que mal de reprendre le contrôle du débat. "On va mettre un terme à cette interview !" s'énerve alors Nathalie Cohen-Beizermann. "Si je ne peux pas m'exprimer, je pars. Vous m'avez coupé la parole, vous m'avez censurée", prévient Rizlaine Sellika. "Vous ne me laissez pas faire mon travail" rétorque Judith Beller.
Le ton monte encore d'un cran : "Vous êtes en train de me censurer ! Là c'est de la censure. Vous m'interdisez de parler. Est-ce que Médecin sans frontières (qui avait accusé Israël d''actes de génocide' en décembre 2024, ndlr) est antisémite ? Répondez à ma question", s'énerve Rizlaine Sellika en s'adressant à l'animateur de la tranche. "Je n'ai pas à vous répondre, je ne suis pas l'interviewé ! Vous vous énervez, vous ne jouez pas le jeu !", crie alors Frédéric Brindelle. "Je suis responsable du débat et je ne vous interdis rien !" ajoute-t-il, furieux. "On part en pub !", coupe alors l'animatrice.
Après une pause, les deux invitées ont pu reprendre leurs arguments, dans un calme relatif. "On a eu le point de vue de Rizlaine Sellika, on a eu celui de Nathalie Cohen-Beizermann, on a eu les deux points de vue", résume l'animateur. "Merci de respecter mon travail de journaliste, Rizlaine Sellika", ajoute-t-il, semblant encore agacé. "Et merci d'avoir respecté ma pensée", ajoute-t-elle.
Pour détendre l'atmosphère, les animateurs ont ensuite voulu passer à un quiz musical. Une page sans transition qui n'a pas plu à leur invitée. Plutôt que de jouer, elle a préféré partir dans une dernière tirade : "Moi, comme je ne peux pas parler de génocide, je ne peux pas parler de la famine à Gaza, je me barre ! Et restez dans votre blind test, il y a des gosses qui meurent !", s'exclame-t-elle en quittant le plateau. Puremédias vous propose d'écouter l'extrait ci-dessus.
L'extrait, partagé sur les réseaux sociaux par plusieurs comptes, dont celui de la journaliste elle-même sur Instagram, a été coupé du replay de l'émission que l'on peut retrouver sur le site de Sud Radio. "Très difficile de dénoncer le génocide à Gaza mais je l'ai fait la tête haute", écrit Rizlaine Sellika en légende. "Ce passage a été coupé du replay de l'émission. On m'a dit que c'était 'trop cacophonique'. Mais ce que j'ai dit était clair. Et surtout : vrai. Alors je publie l'extrait ici. Parce qu'on ne coupe pas la vérité au montage", ajoute-elle.
Sur le replay, sans le passage houleux, on peut seulement entendre Judith Beller reprendre l'antenne après une page de pub et déclarer en référence à ce qui venait de se passer : "Si vous voulez pousser un coup de gueule mais pas trop fort (...) c'est la parole libre sur Sud Radio, pas de censure".

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