Sous les eaux d'un barrage occitan, un village englouti resurgit et réveille des disparitions vieilles de vingt-trois ans. C'est dans ce décor fantomatique que prend racine "Surface", mini-série en six épisodes réalisée par Slimane-Baptiste Berhoun ("Vortex"), diffusé depuis le 1er septembre en prime time sur France 2.
Adaptée du roman d'Olivier Norek, ancien policier devenu auteur à succès, elle suit le parcours de Noémie Chastain (Laura Smet), capitaine de police parisienne envoyée en convalescence dans un village isolé après une mission qui l'a laissée défigurée. Chargée d'évaluer l'activité d'un commissariat menacé de fermeture, elle se retrouve happée par une enquête glaçante : le squelette d'un enfant disparu vingt ans plus tôt vient d'être repêché dans le lac artificiel qui a englouti l'ancien bourg.
Le défi technique a été à la hauteur de l'ambition. Pour reconstituer le village sous-marin, la production a investi les bassins Lites près de Bruxelles. Un décor à dix mètres de profondeur, pensé comme l'épine dorsale de la série. "Claire Corbetta Doll, qui avait géré les 15 jours de l'incendie dans 'Le Bazar de la Charité', est une machine de guerre", confie la productrice Iris Bucher (Quad Drama) à "TV Mag". "Elle a préparé durant quatre mois cette partie du tournage qu'elle a entièrement story-boardée."
Tomer Sisley, de son côté, a retrouvé un rêve d'enfance : "Hugo, mon personnage, est plongeur à la fluviale. Ça a suffi à me donner l'envie de jouer ce rôle", raconte-t-il. "J'ai commencé la plongée à 16 ans mais j'ai un souvenir de moi à 6-7 ans, allongé sur mon lit, imaginant que toute ma chambre était immergée d'eau pour pouvoir m'y balader en 3D. La première sensation quand on apprend à plonger est celle de voler !" À "Télé-Loisirs", l'acteur a ajouté : "On m'a dit que c'était un plongeur de la fluviale. Au départ, on ne m'a pas donné plus de caractéristiques que ça. On m'a tout de même dit qu'il y avait quelques semaines de tournage en plongée. Ça a renforcé d'ailleurs mon envie de faire ce rôle."
Le tournage a pourtant loin été de tout repos. "Ça exige une certaine préparation, ça exige beaucoup de sang-froid. On peut pas faire n'importe quoi. Il y a un tas de protocoles qu'il faut respecter", explique-t-il dans une vidéo de making-off publiée par France Télévisions sur les réseaux sociaux. "Ça demande à travailler avec une équipe très très préparée à ça. Et ça peut être angoissant, il faut savoir maîtriser ses émotions, tout ne se passe pas toujours comme prévu".
Laura Smet, elle, a dû dompter ses angoisses. "J'ai d'abord eu peur de l'eau car je croyais que ce serait dans un milieu naturel", explique-t-elle à "TV Mag". "J'avais déjà plongé, mais une expérience avec un requin qui m'avait fait flipper. La piscine et ses 30 degrés m'ont rassurée ! Wim Michiels, patron du studio et cadreur, aussi. Il m'a formée et m'a filmée. Je savais que, derrière la caméra, il verrait si je n'allais pas bien. Il est capable de détecter un problème dans l'œil. La première fois que je me suis entraînée, j'avais le masque totalement embué. Il m'a dit : 'C'est parce que tu flippes, tu sécrètes un truc qui embue le masque'. Il m'a mise en confiance, c'est un monsieur extraordinaire, d'un calme olympien."
Pour les séquences oniriques, l'actrice a appris l'apnée, sans masque, les yeux ouverts. "Je pouvais rester trois heures sous l'eau, je n'avais plus la notion du temps tellement j'étais concentrée. En plus, quand on sort de la journée de tournage, on est complètement zen ! Désormais à chaque moment de stress, le visage de Wim apparaît et m'accompagne."

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