"Je suis arrivé à bout physiquement. Je souffre beaucoup, cette année a été la pire, je pense." C'est avec ces mots que Perrine, découverte par les téléspectateurs de "L'Amour est dans le pré" en 2023, a annoncé qu'elle mettait en vente sa ferme d'escargots, baptisée Helixine. Depuis six ans, elle élevait des gastéropodes en agriculture biologique sur une prairie qu'elle avait elle-même aménagée, à Flavigny-sur-Ozerain, en Bourgogne. Mais l'aventure touche à sa fin.
La jeune femme, suivie par plus de 32.000 abonnés sur Instagram, a publié samedi 6 septembre une vidéo émouvante pour partager la nouvelle. Elle y explique que son état de santé, déjà fragile à cause de la maladie de Crohn et de l'endométriose, s'est encore détérioré. "Cet été, j'étais toujours en récidive, mon état n'a pas changé depuis janvier et on a augmenté le traitement", confie-t-elle, la voix marquée par la fatigue.
À cette fragilité physique s'ajoute une situation personnelle douloureuse. Sa mère, qui l'aidait régulièrement à la ferme, a été victime d'un AVC en juillet. Depuis, Perrine se retrouve seule pour gérer l'élevage et ses lourdes tâches quotidiennes. "Ma maman a fait un AVC, donc je n'ai plus personne pour m'aider quand j'ai besoin", explique-t-elle. Une épreuve supplémentaire pour celle qui assurait pourtant encore cet été la vente de ses escargots dans le cadre de l'ADP Tour, avant d'être contrainte d'annuler sa venue.
Contactée par "Le Parisien", Perrine ne cache pas son désarroi. "C'est un combat permanent", souffle-t-elle. Elle dénonce des finances exsangues et un manque de soutien : "On n'est pas reconnu, on n'a pas d'aide, rien. Tout part vers la banque, elle me prend tout, je n'ai rien pour moi." L'agricultrice pensait pouvoir compter sur les nouvelles aides promises par le ministère de l'Agriculture. "Ma banquière m'a dit que je n'étais pas éligible, alors que je suis persuadée que je réponds aux critères. Cela m'aurait sauvé pour toujours", regrette-t-elle.
En six ans, Perrine ne s'est pratiquement jamais versé de salaire. "200 euros une fois tous les trois mois environ", confie-t-elle. Pourtant, la qualité de sa production est reconnue : ses escargots de Bourgogne, rares alors que 95 % de la consommation en France est importée d'Europe de l'Est, séduisent de grands noms de la gastronomie. Le restaurant étoilé "Clos du Cèdre "à Beaune ou encore le chef Olivier Streiff, ancien candidat de "Top Chef", comptent parmi ses clients.
Mais cette reconnaissance ne suffit pas à compenser le poids des dettes et la pénibilité du quotidien. "La majorité des agriculteurs ne vivent pas bien. On n'est pas là pour s'enrichir, on aime ce qu'on fait. Mais les problèmes s'accumulent", insiste-t-elle. "C'est douloureux, je ressens beaucoup d'amertume, de découragement et j'ai le cœur serré." Une amertume d'autant plus forte que Perrine avait construit son exploitation de toutes pièces, organisé des visites pédagogiques et créé un véritable lien avec ses clients. "Ce métier me correspondait, je me sentais faite pour ça", confie-t-elle.
Aujourd'hui, la jeune femme garde l'espoir de trouver un repreneur pour Helixine, qu'elle s'engage à accompagner dans la transition. Elle compte aussi sur un éventuel coup de pouce médiatique, comme celui d'Eva Longoria, venue visiter sa ferme l'été dernier pour une émission culinaire diffusée sur CNN. Mais Perrine tient à lancer un cri d'alarme : "Les gens pensent qu'en tant que chef d'entreprise on est libre, mais on ne l'est pas. On dépend d'un réseau bancaire, comptable, administratif. S'il ne suit plus, on peut vite couler."

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