On oublierait presque qu'elle était d'abord connue pour ça, pourtant, Élise Lucet a marqué plusieurs générations de téléspectateurs. Présentatrice du "19/20" de France 3 dès 1990, puis du "13 Heures "de France 2 pendant plus d'une décennie, elle a incarné l'un des visages les plus familiers de l'information.
Mais derrière cette carrière impressionnante, la journaliste n'a jamais rêvé d'être présentatrice. "Je voulais être Joseph Kessel" (grand reporter et romancier), confie-t-elle dans le podcast "Sous le soleil de Platon", animé par Charles Pépin sur France Inter. "Je voulais être sur le terrain, il n'y a que ça qui me plaît."
Lors de son dernier JT, le 29 avril 2016, Élise Lucet a fait des adieux émouvants, mais choisis. "C'était super parce que c'est un moment que j'ai choisi. La plupart des présentateurs de JT, on leur montre la porte", explique-t-elle. Un déclaration non sans rappeler le sort réservé à Anne-Sophie Lapix, évincée du 20h de France 2. Un an avant son départ, Élise Lucet avait déjà confié à son patron Thierry Thuillier son envie de passer à autre chose : "Tu sais, ça fait 25 ans que je fais des JT, je pense que c'est bon. Pour faire des JT, il faut être à 100%. Je suis à 98%, il est temps que je m'en aille."
Retenue une année supplémentaire, elle a finalement quitté l'antenne en 2016, soulagée : "C'était hyper émouvant parce que j'ai adoré faire ça. Et c'était super bien parce que j'en avais marre de faire ça." En quittant la présentation, la journaliste retrouvait ce qui l'a toujours motivée : le reportage. "On m'a proposé plusieurs fois d'être dans un bureau, d'avoir un poste de directeur, mais ça ne m'intéresse pas." À travers "Envoyé spécial" et "Cash Investigation", elle revendique un journalisme de terrain, et de longue haleine.
Souvent critiquée pour ses méthodes, notamment la caméra cachée, Élise Lucet assume ses choix tout en posant des limites. "Il y a des choses que nous n'avons pas le droit de faire en tant que journalistes. Un journaliste n'est pas au-dessus des lois." Les règles sont claires : jamais d'usurpation d'identité, une caméra cachée seulement en dernier recours, et toujours dans le cadre d'un lieu public. "Courir après un interlocuteur dans la rue, ce n'est pas ce que je préfère… Mais parfois, il faut montrer que la politique de la chaise vide n'est pas la bonne." Le but ultime, présenter aux téléspectateurs le résultat d'une longue enquête : "La vérité que l'on présente aux spectateurs est toujours ultra vérifiée. Et l'information n'est pas une opinion."

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