Jean-Marc Morandini n'est plus tenu à distance. Lundi 25 août 2025, l'animateur a fait sa rentrée en direct depuis le plateau de CNews, au cœur des locaux de la chaîne d'information. Après avoir reçu le relais de Pascal Praud, il a débuté la nouvelle saison de "Morandini Live", entouré de chroniqueurs, de 10h35 à 12h. Une première depuis 2016, année où son arrivée sur i>télé avait déclenché une grève d'un mois, la plus longue dans l'histoire de l'audiovisuel privé, qui avait déclenché une vague de départs au sein de la chaîne.
Ce lundi 1er septembre 2025, le syndicat +Libres, autonome et indépendant du groupe Canal+, a réagi dans un communiqué publié sur X : "En octobre 2016, l'annonce de l'arrivée de Jean-Marc Morandini sur l'antenne de i>télé provoquait la grève la plus longue de l'histoire de l'audiovisuel français", rappelle le texte. "Jusqu'à maintenant, le présentateur réalisait ses émissions loin de la rédaction conformément à l'engagement de la direction du groupe à l'issue de la grève. Aujourd'hui, cette même direction, a décidé d'installer Jean-Marc Morandini dans la rédaction de CNews (ex-i>télé)", peut-on encore lire.
Le syndicat rappelle également que l'animateur "a été condamné en appel à 2 ans de prison avec sursis pour corruption de mineurs, une interdiction d'exercer une profession en contact avec des mineurs et une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles (il s'est pourvu en cassation)". Et d'enchaîner : "+Libres alerte la direction sur le trouble que pourrait causer la présence de Jean-Marc Morandini au cœur de la rédaction de CNews. […] À l'heure où le groupe réaffirme son engagement pour la protection des victimes de violences, la réintégration de Monsieur Morandini est incompréhensible."
Pendant huit ans, l'animateur avait été relégué dans un plateau "virtuel" à l'écart, une mesure destinée à apaiser la rédaction d'i>télé après la grève de 2016. En rompant cet engagement, la direction affiche aujourd'hui sa volonté de placer pleinement l'animateur parmi les visages de la chaîne. Pour +Libres, cette décision prend à revers l'histoire même de la chaîne : "+Libres demande à la direction de respecter son engagement de 2016".
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Les critiques reposent sur un lourd passif judiciaire. Le 27 janvier dernier, Jean-Marc Morandini a été condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur un jeune comédien lors du tournage de la série "Les Faucons". Le 21 mars, la cour d'appel l'a à nouveau reconnu coupable, cette fois pour corruption de mineurs entre 2009 et 2016, le condamnant à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende.
Ces peines, plus lourdes qu'en première instance, s'accompagnent d'une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs et d'une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles. L'animateur, qui conteste les condamnations, a annoncé son pourvoi en cassation. Malgré ces condamnations, Jean-Marc Morandini poursuit son ascension dans l'univers médiatique de Vincent Bolloré. En juin, il avait déjà remplacé Cyril Hanouna sur Europe 1 dans "On marche sur la tête". Selon les informations de "Mediapart", la station avait alors dû isoler les stagiaires de seconde pour éviter tout contact avec l'animateur.

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