Dans son numéro du jeudi 18 septembre, "Complément d'enquête" s'attaquait aux abus des aides publiques par les multinationales. En juillet dernier, une commission d’enquête du Sénat, dont le rapporteur (PCF) et le président (LR) témoignaient dans ce numéro, évaluait à 211 milliards d’euros les subventions de l’État aux entreprises pour 2023. Dix ans auparavant, François Hollande, alors président de la République, avait mis en place le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), un dispositif destiné à réduire le coût du travail pour les bas et moyens salaires, en permettant aux entreprises de déduire de leurs impôts une partie de leur masse salariale. Un avantage fiscal qui lui a souvent été reproché pendant son quinquennat, et qui reste encore aujourd'hui un sujet de débat entre économistes, dont certains lui reprochent son efficacité.
Interrogé par le magazine d'investigation de France 2 , l'ex-chef d'Etat a défendu le bilan de cette mesure. "S’il n’y avait pas eu de CICE, non seulement il n’y aurait pas eu les 100 000 emplois qui ont été créés mais il y aurait eu des pertes d’emplois bien plus considérables. Donc ce qu’il faut essayer de calculer, ce n’est pas simplement les emplois réels", avance-t-il. Mais, son interlocutrice a mis en doute son raisonnement, chiffres à l'appui, et a poussé François Hollande à montrer des signes d'agacement dont il est rarement coutumier. "Je ne conteste pas", reconnait-il avant que la journaliste, pugnace, l'interrompe en glissant "c’est une étude sérieuse".
Ce furent les mots de trop pour l'habituel placide socialiste, lequel s'est soudainement levé de son siège pour couper court à l'entretien. "On va arrêter parce que ça n’a pas d’intérêt pour moi ! Très franchement, ça n’a aucun intérêt. Je ne suis pas là pour répondre à un interrogatoire. Je vous donne ce rapport, vous en ferez le meilleur usage et on va en rester là, parce que là, je pense qu’on n’est pas dans le bon dialogue", s'énerve-t-il devant la caméra, qui continue d'enregistrer la scène. Ce "sujet sensible" finalement évacué, l'homme de gauche s’est rassis pour évoquer cette fois le cas de l'entreprise Michelin. Puremédias vous propose de découvrir cette séquence dans la vidéo en tête d'article.
Rarement sujet à ces accès de colère, François Hollande serait-il mal à l'aise avec le CICE ? En juillet 2025, l’ancien président avait séché une audition devant la commission d’enquête du Sénat sur les aides aux grandes entreprises. "D’aucuns pourraient qualifier ce refus d’esquive voire de dérobade", avait cinglé le président LR de la commission Olivier Rietmann. Car si la mesure gouvernementale a eu "des effets positifs sur l’emploi" ceux-ci sont restés "limités", résume le site gouvernemental Vie Publique. Or, en plein débat budgétaire et alors que des "efforts" sont demandés aujourd'hui aux Français, le chiffre de 211 milliards d'aides consenties chaque année sans contrepartie aux entreprises sont repris par la gauche et les syndicats comme un argument dans la notion de "justice fiscale". De quoi placer l’artisan de ce projet dans une position inconfortable.

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