Un climat de tension plane sur les coulisses des deux talk-shows phares de France 5. Selon les informations de "L'Informé", le cabinet de conseil en ressources humaines Alterhego a été mandaté pour "analyser les situations de travail" au sein des rédactions de "C à vous" et "C l'hebdo". Cette décision fait suite à plusieurs plaintes de salariés de Troisième Œil, la filiale de Mediawan chargée de produire les deux émissions, dénonçant depuis plusieurs mois une ambiance de travail jugée délétère.
Concrètement, Alterhego a lancé dès la fin du mois de mars une série d'entretiens avec les collaborateurs, sur la base du volontariat. Le cabinet a garanti une "restitution collective" sans "noms" ni "verbatims". Une démarche saluée par certains salariés. "C'est une bonne idée d'ouvrir un espace de parole", indique sous couvert d'anonymat une participante au journal d'investigation. "Nous sommes tous très curieux de savoir ce qui va ressortir de tout cela : on se demande à quel point la direction va dévoiler les résultats du rapport. On espère qu'ils vont jouer la transparence."
Début 2025, un ancien employé décrivait à "L'Informé" un "fonctionnement à flux tendu et un épuisement", tandis qu'un autre évoquait une "atmosphère vraiment désagréable". Des propos révélateurs d'un mal-être persistant, qui aurait gagné en intensité depuis la rentrée d'octobre 2024 et la mise en place d'un nouveau triumvirat à la tête de la société de production. "L'atmosphère est vraiment désagréable, mais les gens avalent beaucoup de couleuvres car 'C à vous' est une très belle émission. C'est une sorte de syndrome de Stockholm", analyse une source interne.
Une ancienne collaboratrice renchérit : "Le côté humain a disparu de l'équation". Une autre ajoute : "Ce n'est pas un secret : les gens de chez Mediawan ne sont pas très heureux et évoluent dans un climat qui n'est pas propice à la sérénité. Il y a une pression permanente qui finit par rendre pas très agréable". Et ça ne serait pas une nouveauté : "Quand une enquête de 'Télérama' sur 'Quotidien' est sortie, plein de gens ont ironisé dans la rédaction, sur le mode 'ici, c'est pire'", rapporte un autre témoignage.
Dans cette enquête publiée le 13 février, "L'Informé" pointe également du doigt la restructuration opérée en octobre dernier, qui semble avoir cristallisé les tensions. Trois personnalités ont été nommées à des postes de direction : Mohamed Bouhafsi, Mathilde Jarry et Philippe Levasseur. Mais selon plusieurs témoignages, cette nouvelle organisation "bat déjà de l'aile". En ligne de mire : une répartition floue des rôles et des salaires jugés déconnectés de la réalité du terrain. Quant à Mohamed Bouhafsi, sa double casquette de directeur général et chroniqueur interroge.
"C'est aberrant d'avoir ces deux postes. Il ne bosse pas, il est très peu là", regrette un collaborateur, qui le décrit davantage comme un "responsable presse" que comme un véritable journaliste. Invité sur Franceinfo le 17 février, Mohamed Bouhafsi a tenté de désamorcer la situation : "Je n'ai pas envie de dialoguer avec les rumeurs, c'est infondé pour moi. Mais ce n'est pas grave, c'est la vie." Il a toutefois concédé que produire une émission quotidienne était "très dur", tout en louant l'engagement des équipes : "Il n'y a pas de malaise. Et quand je vois les sourires autour et en dehors de la table, je suis très fier depuis quatre ans de collaborer avec eux en tant que chroniqueur."

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