Il avait toujours dit non jusqu'ici. Stéphane Bern, animateur phare de France Télévisions depuis 19 ans, a enfin accepté de participer à "Fort Boyard". Il est le chef d'équipe du 3e numéro de la saison, diffusé ce samedi 19 juillet 2025 sur France 2. Autour de lui, l'ancien nageur Fredérick Bousquet, la journaliste Virginie Sainsily, l'humoriste Marie S'infiltre, le médecin et chroniqueur TV/radio Jimmy Mohamed, le nageur handisport et animateur télé Théo Curin donneront le meilleur d'eux-mêmes pour l'association qu'ils représentent : Stand Speak Rise Up. Mais tout n'a pas été une partie de plaisir pour le visage de "Secrets d'histoire", qui redoutait de nombreuses épreuves, comme il l'a confié à Puremédias.
Propos recueillis par Léa Stassinet
Puremédias : L'émission existe depuis 35 ans et pourtant, c'est votre première fois sur le Fort ! Pourquoi avez-vous dit oui cette année ?
Stéphane Bern : J'ai toujours refusé parce qu'il y a plein de choses qui m'effrayaient. Je l'ai fait pour la cause, pour Stand Speak Rise Up, pour venir au soutien des femmes victimes de violences sexuelles sur les terrains de guerre. Je suis secrétaire général de cette association, dont la présidente est la Grande-Duchesse de Luxembourg, et on travaille pour aider les femmes qui, partout dans le monde, sont victimes de cette barbarie. On l'a encore vu en Ukraine. On aide les survivantes. Je l'ai fait pour la cause, et voilà, vous verrez le résultat. J'ai pris sur moi, je vous jure, j'ai pris sur moi pour faire certaines choses.
Qu'est-ce qui vous faisait si peur ?
Les araignées, les rats, le vide... tout !
Y a-t-il une épreuve que vous redoutiez par-dessus tout ?
Toutes celles avec des bestioles. Il y a une épreuve où vous devez descendre dans un ascenseur et il y a une attaque de cafards. Je crois que j'aurais hurlé.
Ces craintes ne se sont donc pas évaporées une fois le pied sur le Fort ?
Pas du tout (rires). C'était horrible. Mais j'ai eu une épreuve où, vraiment, je me suis dit que je le faisais pour la cause. Cela dit, vous êtes pris par une ambiance. Il se passe quelque chose, et puis il y a un esprit d'équipe. On a beaucoup rigolé tous ensemble.
Comment avez-vous constitué votre équipe ?
Je me suis dit que si on voulait gagner, il fallait qu'il y ait à la fois des personnalités qui sont sympathiques, chaleureuses et sportives. Je suis très admiratif du parcours de Théo Curin donc, c'est vrai que j'ai beaucoup insisté pour qu'il soit là. Frédérick Bousquet je l'aime beaucoup et c'est un sportif, un champion, donc il a un mental d'acier, comme Théo. Marie s'infiltre me fait beaucoup rire et c'était super sympa de l'avoir. Virginie (Sainsily, ndlr) était une copine. Elle est journaliste sportive aussi et a montré beaucoup de courage. Elle était forte. Et puis, Jimmy Mohamed, que j'écoute, que je vois beaucoup, s'est blessé le pauvre. Mais il est allé jusqu'au bout. Donc quand vous avez autour de vous une équipe solide, ça vous porte, vous ne voulez pas les décevoir.
Justement, quand Jimmy Mohamed s'est blessé sur l'épreuve de "l'horlogerie" (l'animateur a eu une double fracture à la cheville et a dû se faire opérer par la suite, ndlr), avez-vous eu peur ?
J'ai eu mal pour lui surtout. Mais c'est vrai que quand on est pris dans le truc, parfois, on manque de prudence. Parce qu'on nous guide, on nous dit "faites attention à ça"... Mais parfois, on est à fond et on oublie les consignes de sécurité.
Sur le Fort, avez-vous échangé hors caméras avec Olivier Minne, dont c'est la dernière saison à la tête de l'émission ?
Oui, bien sûr. Olivier est un ami et j'ai aussi participé pour lui. Pour vous dire la vérité, j'avais tourné un prime la veille qui s'est terminé à minuit et demi. Je suis monté dans une voiture pour venir à Fouras (commune située en face du Fort, ndlr) et j'ai tourné dès le matin. Donc, je n'ai pas dormi et Olivier était là, il m'a envoyé des petits messages adorables avant que j'arrive en me disant qu'il pensait à moi. Il est tellement gentil, tellement amical. C'est vraiment quelqu'un, humainement, de formidable.
Le Fort Boyard va subir de très gros travaux nécessaires à sa survie. Un appel aux dons a été lancé pour le financement, mais on est encore loin du compte. En tant que défenseur du patrimoine, c'est un sujet qui vous parle ?
Oui, bien sûr. Je l'ai fait aussi pour ça. Avec la Fondation du Patrimoine, je participe évidemment à cette campagne de restauration. Il y a l'État, la région et le département, qui font de gros sacrifices car les travaux sont très chers. Et avec la Fondation du Patrimoine, on va les aider aussi. On continue à mener le combat pour la défense et la préservation du Fort.
Vous allez justement animer à la rentrée une nouvelle émission autour du patrimoine. Pouvez-vous nous en dire un petit peu plus ?
Pour le moment, c'est un premier prime. Pour éviter de faire un télescopage avec le "Monument préféré des Français" qui est programmé à la rentrée, le titre provisoire de ce prime, c'est "Mission patrimoine", comme la mission que je mène. Et il va s'intéresser à défendre les fêtes, les traditions, et tout ce qui est le patrimoine immatériel. J'ai déjà commencé à tourner dans les Landes où on a évoqué les fêtes, les fanfares, tout ce qui est menacé dans le pays et qu'on essaie de faire revivre.
Y a-t-il un rapport avec "Des racines et des ailes", présenté par Carole Gaessler, dont certains numéros s'intitulent "Passion patrimoine" ?
C'est assez différent. Il y a un côté plus combatif. Je me suis d'ailleurs associé avec Winterprod, société qui produit "Sur le front", animé par Hugo Clément. Donc, il y a un côté très combatif, très caméra à l'épaule. On est les soldats, les défenseurs du patrimoine. C'est plus militant que contemplatif. Je suis seul à la présentation, mais il y a plein de gens autour de moi. Parce que le patrimoine, c'est toute une armée de l'ombre que l'on va voir se lever.
Mardi soir dernier, vous avez animé au pied levé sur France 2 et en direct une soirée d'hommage à Thierry Ardisson, décédé la veille. Comment avez-vous vécu ce moment si particulier, où il fallait à la fois gérer ses émotions et faire honneur au personnage ?
Déjà, il y a une première difficulté que certains ont relevée avec un rien de mesquinerie. C'est que Thierry Ardisson a fait toutes ses émissions en deuxième partie de soirée. Et là, vous faites un prime d'hommage en première partie de soirée donc, tout n'est pas montrable. En première partie de soirée, vous ne dites pas la même chose qu'en deuxième, c'est un public plus familial qui vous regarde. Pour autant, avec Winterprod et les sujets qui avaient été préparés, on a réuni tous ceux qui étaient disponibles et qui ont voulu témoigner. C'était une ambiance très particulière parce qu'on était tous pris à la fois par l'émotion et l'envie de faire un hommage qui ne soit pas larmoyant, qui soit joyeux et émouvant. J'étais assez content. La chaîne était contente d'avoir réuni 1,6 million de téléspectateurs (1,55 million et 10,5% de part de marché, ndlr). Alors, on peut toujours trouver des gens qui regrettent le manque d'impertinence. Mais quand quelqu'un vient de mourir, l'impertinence, ce n'est pas forcément le moment. Et puis comme on est en première partie de soirée, il ne faut pas choquer. Si on m'a choisi moi, c'est aussi parce que j'essaye de ne pas choquer les gens.
Quel était votre lien avec Thierry Ardisson ?
J'étais assez proche de Thierry depuis des années. D'ailleurs, il me cite dans tous ses livres, ce qui est très gentil. Je suis toujours présent pour parler de Lady Di, de monarchie parce que c'était l'un de ses sujets de prédilection.
Vous avez été sur le pont en ce début d'été entre le Concert de Paris lors de 14-Juillet et cette soirée hommage. Quel est le programme pour ces prochaines semaines ? Et comment s'organise votre rentrée ?
Je vais essayer de partir me reposer au bord de la mer quelques jours. Et puis je réattaque tout de suite fin août avec "Le monument préféré des Français". Et puis "Laissez-vous guider" avec Lorànt Deutsch aussi. Je commence aussi mon aventure sur Ici à la fin du mois d'août. Un nouveau tournage de "Bellefond" (série dans laquelle il joue, ndlr) est prévu début octobre à Marseille. Et puis j'ai aussi enregistré à la Cité de Carcassonne un prime, "La grande fête de Carcassonne", autour du patrimoine et de la chanson. Il sera diffusé début septembre. Un programme bien chargé !

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