LCP ne pouvait pas passer à côté de "l'histoire parlementaire". Pour être au rendez-vous du vote de confiance que le Premier ministre François Bayrou n'a – sans surprise – pas obtenu ce lundi 8 septembre 2025, la chaîne publique a anticipé la rentrée de "Chaque voix compte", sa nouvelle émission d'access désormais incarnée par Adeline François.
"La première devait avoir lieu le 16 septembre mais lorsque nous sommes rentrés de vacances, le 25 août, François Bayrou a annoncé qu'il se soumettait à un vote de confiance", rembobine celle qui a achevé en juin huit années à la co-présentation de la matinale de BFMTV. "Nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas regarder ce train-là passer et manquer ce rendez-vous avec l'Histoire. Nous devions donc accélérer tous les process".
Pour être prête à temps, la rédaction, alors "en pleine écriture de l'émission", s'est engagée dans une course contre-la-montre. Le temps de préparation, étalé initialement sur trois semaines, devait être ramené à quinze jours. "Lors de mes expériences passées, quand j'arrivais à la tête d'un programme, on me présentait le produit fini. Là, c'est une émission que l'on crée. Il a donc fallu accélérer tous les chantiers en cours : du découpage du conducteur à la construction des infographies. Chacun s'y est mis et a pu mettre sa patte jusqu'au choix de la musique du générique".
La rédaction a porté son dévolu sur "Nightcrawl" de Gyasi, "un artiste, résume Adeline François, dont 'Les Inrocks' disent que c'est le nouveau David Bowie". "Il nous a cédés les droits de bon cœur, il est hyper fier d'avoir écrit la musique assez rock et rythmée de notre émission".
Sur le fond, "Chaque voix compte" débutera sous l'angle du décryptage avec les séquences "À la Une" et "Le fait du jour" avant de se diriger vers "La question qui fâche", le débat "plus tranché" opposant des députés de tous bords. "À ceux qui peuvent reprocher à la télé d'inviter toujours les mêmes, à LCP, chaque voix compte. Nous disposons d'un énorme avantage. Les 577 députés qui représentent les Français sur tout le territoire ont en effet à peine dix marches à descendre pour venir nous voir sur notre plateau situé à l'Assemblée nationale."
L'émission du vendredi, elle, se distingue des deux précédentes. Elle posera les jalons d'un échange direct entre citoyens et députés. "En arrivant sur le canal 8 le 6 juin dernier, LCP veut toucher un public plus large et sortir peut-être d'un carcan parlementaire qui n'est pas le sien, mais qu'on lui attribue peut-être à tort parfois. C'est la raison pour laquelle nous avons ouvert le plateau au public. Nous voulons recréer ce lien et surtout le dialogue entre, bien souvent, deux mondes qui ne se parlent plus ou ne s'écoutent plus. Dans le même esprit, le public aura la possibilité de poser des questions directement aux députés du mardi au jeudi également, par le biais d'un QR code."
La nouvelle recrue du canal 8, à l'aise avec le public, distribuera la parole. "Je pense que LCP vient chercher chez moi la proximité que je peux établir avec le public. J'ai passé 8 ans à BFMTV à réveiller les gens entre 6h et 8h30. Auparavant, j'ai passé 13 ans à RTL également à réveiller les gens avec 'Le journal de 8h' ou avec 'La revue de presse'. Je n'ai pas un profil politique, je n'ai pas travaillé au sein d'un service politique, je ne jargonne pas et ne suis pas du sérail. J'ai donc un lien particulier dans ma façon de parler au public."
Adeline François interagira également avec des chroniqueurs. "Je ne suis pas exactement une soliste", revendique-t-elle. Parmi eux, Laurent Guimier, ancien directeur de Franceinfo et Europe 1 et plus récemment à la tête de la filiale médias de CMA CGM, actionnaire de BFMTV. "Le lien entre Laurent Guimier et LCP existe depuis longtemps. Il revient humblement à ses premières amours, le décodage d'un fait politique et le fact-checking, avec sa chronique intitulée 'Quelle histoire'. Elle aurait pu s'appeler 'Quelle histoire on veut nous raconter'. C'est exactement ce qu'il nous fallait au milieu de l'émission pour séparer nos deux parties entre le décryptage et le débat."
Anna Cabana, épinglée en janvier 2022 pour avoir mené sur i24News un débat sur Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale de l'époque avec qui elle venait de se marier, retrouve une place dans une émission régulière. "Vous ne décidez pas de tomber amoureux, ça c'est la première chose", réplique Adeline François. "La deuxième chose, c'est un débat qui est vieux comme Béatrice Schönberg et sans doute bien avant. Cela ne doit pas être évident d'être toujours ramenée à son statut d'épouse quand on est journaliste de grand talent comme Anna Cabana ou plus récemment Léa Salamé. Léa a eu l'élégance de dire qu'elle saurait prendre ses dispositions. Les Français ne sont pas dupes qu'aujourd'hui, deux couples sur trois se rencontrent au travail. Je comprends le débat mais n'insulte pas l'intelligence des téléspectateurs qui savent faire la part des choses et reconnaître les talents".
"Chaque voix compte" sera également alimenté par les interventions des chroniqueurs Fanny Guinochet, journaliste spécialiste des questions économiques et sociales pour Franceinfo, Lou Fritel, journaliste politique à "Paris Match", et Mariette Darrigrand, sémiologue, essayiste et directrice du cabinet Des faits et des signes.

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