Les images de Cédric Jubillar dans le box des accusés, c'est terminé. Ce mercredi 24 septembre, la présidente de la cour d'assises du Tarn a tranché : aucune caméra ni appareil photo ne pourra filmer ou photographier l'accusé durant les quatre semaines restantes du procès, ont révélé Sud Radio et Ici Occitanie. Une mesure radicale, prise à la suite d'une séquence diffusée dans "Quotidien", où l'on entendait l'accusé échanger avec ses avocats.
La sanction ne s'arrête pas là. Comme l'a confirmé Guilhem Renoux, magistrat chargé de la communication du procès auprès de France 3 Occitanie, les chefs de cour ont retiré l'accréditation de l'équipe de "Quotidien", qui n'était déjà plus présente au tribunal d'Albi. Dans ce sujet, diffusé ce lundi 22 septembre, et toujours disponible en replay, une journaliste de l'émission expliquait que l'accusé avait accepté la présence des caméras lors des traditionnels "tours images", autorisés par la loi avant le début de l'audience. Une fois Cédric Jubillar installé dans le box, les caméras se sont immédiatement actionnées. Mais très vite, une voix s'est élevée dans la salle : "Je vais vous demander de sortir !".
L'extrait montre alors son avocate Me Emmanuelle Franck lui demander de "baisser la tête" face aux objectifs, tandis qu'il confie à son autre conseil, Me Alexandre Martin : "Le problème, c'est que j'ai souri sur une ou deux photos." L'avocat tente de le rassurer : "Non, non… Et en même temps, si tu veux, il ne faut pas se cacher non plus. T'es innocent, t'es innocent. Voilà, c'est pour ça."
Mais enregistrer et diffuser ce type d'échanges est habituellement formellement prohibé. L'article 308 du Code de procédure pénale indique que l'usage d'appareils d'enregistrement sonore ou visuel est interdit dans l'enceinte des tribunaux, sous peine de sanctions pouvant atteindre 18.000 euros d'amende. Seuls les "tours images" sont autorisés, sous réserve de l'accord de l'accusé et uniquement avant l'ouverture des débats. Si les images diffusées dans "Quotidien" étaient bien enregistrées dans ce cadre, pour la défense de Cédric Jubillar, la diffusion de cette séquence constitue une atteinte grave aux droits de leur client. L'avocat Alexandre Martin a annoncé qu'il comptait porter plainte contre l'émission.
Pour couvrir ce procès, qui doit durer jusqu'au 17 octobre, environ 300 journalistes ont été accrédités. La cour d'assises peut en accueillir près de 80 simultanément, répartis entre la salle principale de la cour d’assises et celle réservée à la retransmission. Un dispositif exceptionnel : le palais de justice d'Albi a été spécialement réaménagé pour installer cette salle de retransmission. À titre de comparaison, seulement une cinquantaine de journalistes avaient suivi le procès de Jonathann Daval fin 2020, souligne "La Dépêche du Midi".
Près de cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, son mari Cédric est jugé devant la cour d'assises du Tarn, à Albi. Âgé de 38 ans, ce peintre-plaquiste, placé en détention provisoire depuis juin 2021, comparaît pour "meurtre commis par le conjoint de la victime". Il nie depuis le premier jour toute implication dans la disparition de celle qui était alors en instance de divorce avec lui.
Le procès est déjà hors norme : 65 témoins, 14 parties civiles et 11 experts sont attendus à la barre pour éclairer un dossier de 27 tomes et plus de 15.000 pages. Les trois premières semaines seront consacrées aux auditions, avant la comparution de l'accusé le 10 octobre. Suivront les plaidoiries des parties civiles puis de la défense, avant un verdict attendu le 17 octobre. Jugé pour meurtre sans cadavre, sans scène de crime ni témoin direct, Cédric Jubillar risque la réclusion criminelle à perpétuité.

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