"Le JT, je n'en ai jamais rêvé", assure-t-elle. Ce mercredi 23 juillet, "Libération" a consacré son portrait à Léa Salamé, à l'occasion de son arrivée au "20 Heures" de France 2 à la rentrée. Quittant son poste à la matinale de France Inter, mais gardant la présentation de "Quelle époque !", la journaliste devrait présenter son premier journal le 1er septembre prochain.
"Dans ma tête, c'était pas pour moi, pas le style, pas le physique. Je te jure, je tortille pas du cul. Ça s'est fait à la dernière minute", confie-t-elle. Delphine Ernotte-Cunci, la patronne de France Télévisions, l'a appelée à la rescousse à la mi-juin, après le refus de Caroline Roux. "Elle m'a aussi convaincue de rester à un moment où l'audiovisuel public est attaqué. C'est un trésor national, c'est encore là qu'on trouve les moyens pour financer la culture, l'investigation…" assure la présentatrice.
Selon "Libération", Léa Salamé négociait alors en coulisses avec Rodolphe Saadé, le nouveau propriétaire de BFMTV, autour d'un talk-show quotidien. Un format taillé pour elle et une offre en or, avec un un salaire estimé à 50.000 euros par mois, assure le quotidien. Mais elle a finalement choisi France 2 et son JT du soir, payé deux fois moins, à condition de conserver "Quelle époque !" à l'antenne.
Problème, son compagnon Raphaël Glucksmann, député européen (Place publique) est un potentiel candidat pour l'élection présidentielle de 2027. Un conflit d'intérêt possible qu'elle écarte sans difficulté : "S'il se lance, je quitterai l'antenne", explique-t-elle simplement à "Libé".
Cette déclaration de Léa Salamé fait écho à sa première interview après l'annonce de sa nomination au JT, dans "La Tribune du dimanche" le 22 juin dernier : "Il est député européen depuis six ans et cela ne m'a pas empêcher de présenter 'L'émission politique' pendant cinq ans, de faire l'interview du 14-Juillet, le débat de l'entre-deux-tours en 2022 ou d'avoir tous les politiques au micro le matin sur France Inter". "Les temps ont changé et les Français, politiques compris, sont beaucoup plus féministes qu'on ne pourrait le croire", avait-elle assuré, tout en traçant la ligne au niveau de la campagne électorale : "Il est évident que, dans ce cas-là, je me mettrais en retrait. Comme j'ai pu le faire déjà à deux reprises sur France Inter lorsqu'il était candidat aux élections européennes".
Dans une autre interview accordée ce même jour à "Paris Match", elle raconte : "Quand je l'ai rencontré, il n'était pas un homme politique mais un intellectuel. Il a voulu se lancer en politique car l'Europe est le combat de sa vie. Il me l'a annoncé et je lui ai répondu : 'Oh ! Non ! Tu ne vas pas nous emmerder !'"
Avant de tempérer : "On mène tous les deux nos carrières et on arrive à se mettre en retrait à tour de rôle. On a décidé de jouer la transparence et le cloisonnement. On veut le bien l'un de l'autre. Dans mes histoires précédentes, j'ai parfois connu des épisodes difficiles, à cause de problèmes de rivalité. Raphaël est un homme qui sait se réjouir du succès d'une femme".

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