Joaquin Phoenix dans le "Joker"© Warner
TF1 ne dispose plus de joker en cas de récidive. Le dimanche 13 octobre dernier, la première chaîne retransmettait en prime time le thriller phénomène porté par Joaquin Phoenix, à l'occasion de la sortie au cinéma du second volet de la saga, "Joker : Folie à 2" avec Lady Gaga. Une programmation sur un créneau habituellement familial qui pouvait paraître étonnante au regard de la noirceur du long-métrage, racontant la descente aux enfers du super vilain. L'Arcom a ainsi été alertée à ce sujet, et a décidé d'intervenir auprès de la Une, coupable d'avoir apposé à l'écran la seule signalétique "interdit en salles aux moins de 12 ans" et du pictogramme "-12". Or, au regard de la mise en scène particulièrement sombre de Todd Phillips, le gendarme de l'audiovisuel a estimé que le film constituait un "programme de grande violence", relevant par là-même de la catégorie IV (œuvres interdites aux moins de 16 ans), et qu'il ne devait qu'être diffusé à l'antenne à partir de 22h30, sauf sur les chaînes spécialisées cinéma.
Ce communiqué apparait comme une simple mise en garde pour TF1, sommé d'appliquer la bonne signalétique en cas de rediffusion du triomphe au box-office mondial (plus d'un million de recettes enregistré) et français (5,9 millions d'entrées) et nommé près d'une trentaine de fois pour différentes catégories de récompenses. Pour autant, la troisième diffusion de "Joker" en clair sur le groupe n'avait pas souri à TF1, arrivé en quatrième position des audiences de la soirée avec seulement 1,97 million de téléspectateurs, soit 11,2% du public âgé de quatre ans et plus (4+) et 18% des femmes responsables des achats de moins de cinquante ans (FRDA-50).
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À sa sortie au cinéma en 2019, ce drame psychologique avait été l'objet de nombreuses critiques, ses détracteurs pointant du doigt le fait qu'il faisait l'apologie de la violence et présentait l'ennemi juré de Batman comme un modèle pour les tueurs de masse. Leur inquiétude résultait notamment du traitement du Joker, dépeint comme un homme dépressif et rejeté par la société qui bascule dans la folie pour renaître grâce à un personnage créé de toutes pièces. Face à la polémique, un représentant de Warner Bros (société qui produit le film) et le réalisateur, lui-même, étaient montés au créneau pour défendre leur vision. "Est-ce que ce n’est pas une bonne chose de s’éloigner de cette caricature de la violence à laquelle nous avons fini par être immunisés ? J’ai donc été étonné qu’on me le reproche, que ça semble irresponsable parce que pour moi, c’est tout à fait responsable de donner du réel à la violence et d’en faire ressentir son poids", avait souligné Todd Phillips lors d'un festival de cinéma.

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