Deux plateaux, deux ambiances. Ce mercredi 10 septembre, Benjamin Duhamel était l'invité de Yann Barthès sur le plateau de "Quotidien". L'occasion pour le journaliste de 31 ans, arrivé à la rentrée sur France Inter, de revenir sur la polémique entourant la vidéo clandestine de ses confrères Patrick Cohen et Thomas Legrand, filmés en compagnie de cadres du Parti socialiste.
"Il n'y a pas de déni à avoir, il ne faut pas balayer ça d'une main, bien sûr que ça peut avoir des effets sur la façon dont les Français perçoivent tout ça. Maintenant, si on en revient aux faits, ce rendez-vous était à l'initiative de ces deux socialistes parce qu'ils considéraient qu'ils étaient mal traités. (...) C'est une vidéo volée, une vidéo tronquée. On juge les journalistes et les éditorialistes sur ce qu'ils font". Avant d'ajouter notamment : "Les attaques frontales c'est le jeu, moi-même ça m'est arrivé d'être ciblé par un certain nombres de médias".
Des "attaques frontales", il en a surtout subi de Cyril Hanouna à plusieurs reprises avant son départ du groupe Canal+. En mars dernier dans "On marche sur la tête" sur Europe 1, alors qu'il critiquait les audiences de BFMTV, en perte de vitesse par rapport à CNews, l'animateur déclarait : "Quand votre star c'est Benjamin Duhamel, (...) tu te dis qu'il y a un problème sur la grille. Notre star, c'est Pascal Praud. Benjamin Duhamel, c'est comme si tu comparais le Real Madrid avec Niort".
Sur le plateau de "Quotidien", la discussion a donc logiquement bifurqué vers la question de la concurrence entre chaînes d'info. "CNews devant BFM, vous réagissez comment ?", l'a interrogé Yann Barthès. Benjamin Duhamel n'a pas esquivé : "Ça dit ce que j'ai déjà eu l'occasion de dire, et sans aucune agressivité ni volonté d'être péjoratif vis-à-vis de CNews. C'est une chaîne d'opinion qui ne fait pas le même boulot qu'un intervieweur de BFM ou un intervieweur de France Inter. Ça ne veut pas dire que j'ai un jugement moral, ni sur ceux qui font cette antenne, ni sur les téléspectateurs de CNews, mais ce n'est pas la même chose…Il suffit de regarder les deux antennes, BFM fait du reportage, BFM envoie des équipes partout, CNews le fait beaucoup moins. Donc voilà, on est face à un phénomène idéologique."
Des propos qui n'ont pas échappé à Pascal Praud, animateur de CNews, qui a réagi dès le lendemain matin, dans la matinale de Dimitri Pavlenko sur Europe 1. Alors qu'il évoquait le communiqué de la CGT de France Télévisions contre le traitement éditorial du mouvement "Bloquons tout" dans le "20 Heures" de Léa Salamé, il a profité pour glisser un mot à la concurrence : "Ce combat culturel, il est essentiel. Nous-mêmes, nous sommes attaqués. J'ai entendu hier soir sur 'Quotidien' Benjamin Duhamel qui a expliqué qu'Europe 1 et CNews sont des médias d'opinion. Non ! Nous témoignons de la réalité, et les autres ne veulent pas le faire. Mais ce combat culturel, qui était essentiellement chez les politiques et parfois chez les intellectuels et les artistes, a débordé aujourd'hui dans la sphère journalistique, et il y a effectivement des oppositions très grandes." Puremédias vous propose de découvrir la séquence ci-dessus.
Cette passe d'armes illustre une opposition désormais récurrente. Déjà en juillet dernier, lors de son départ de BFMTV, Benjamin Duhamel avait souligné : "BFMTV restera incontournable parce que notre métier c'est de faire de l'information, ce n'est pas de faire de l'opinion." Quelques mois plus tôt, dans "La Tribune Dimanche", il avait insisté : "C'est un concurrent tout à fait respectable. Mais on ne fait pas la même chose qu'eux. C'est une chaîne d'opinion avec par ailleurs un projet idéologique."

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