"Stop aux manœuvres d’intimidation !" : c’est le vœu pieux formulé par le Syndicat national des journalistes (SNJ) dans un communiqué de presse publié ce mercredi 16 avril 2025. L’organisation de défense des salariés a tenu à dénoncer une nouvelle atteinte à la liberté de la presse. Elle a exprimé son inquiétude à la suite de la convocation d’une journaliste de "Télérama", "en audition libre" dans un commissariat parisien. Elle a été entendue "par un officier de police judiciaire" à la suite d’une plainte pour diffamation déposée par "une personnalité du milieu culturel parisien". Cette dernière fait l’objet d’une enquête initiée depuis plusieurs mois par l’employée de l’hebdomadaire pour lequel elle écrit un article.
Le SNJ déplore cette procédure d’autant "qu'aucune publication n'a encore eu lieu" : "la consœur doit subir des pressions judiciaires intolérables", s’indigne-t-il. Face aux forces de l’ordre, la journaliste a "dû défendre la liberté d'informer et rappeler ce pilier légal qu'est la protection du secret des sources", relate la première organisation représentative de la profession. Outre cette convocation, la principale intéressée a également reçu un appel d'avocat quelques semaines plus tôt "pour freiner son travail".
Le syndicat juge à nouveau "intolérables" ces "tentatives de mettre fin à des enquêtes d'intérêt public". Avant de saluer la "réaction immédiate" de "Télérama" qui a assuré un soutien juridique immédiat à sa journaliste qui était accompagnée d’un avocat. Il appelle toutes les rédactions à faire de même, invoquant leur "obligation de sécurité et de santé au travail", et à ne pas céder face à des "procès bâillons".
Cette affaire rappelle les intimidations subies en 2022 par "Mediapart", lorsque des pressions avaient été exercées pour empêcher la parution d’une enquête sur le maire de Saint-Étienne. "La liberté de la presse est un pilier de la Constitution, rappelle le SNJ. Si la loi du 29 juillet 1881 encadre l'expression publique, et réprime notamment la diffamation et l'injure, il est hors de question que cette législation soit manipulée pour devenir un outil d'intimidation de journalistes", conclut-il avant d’apporter tout son soutien à leur consoeur.

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