Cinéma français : Mathieu Kassovitz dénonce une "partouze artistico-commerciale"
Mathieu Kassovitz n'y est pas allé par quatre chemins il y a quinze jours quand il a voulu exprimer sa frustration face à la liste des nominations pour les prochains César. Nommé une seule fois pour son film "L'ordre et la morale", qui figure sur notre liste des 20 flops ciné de l'année 2011, le film historique n'est présent que dans la catégorie meilleur scénario adapté.
"Une seule nomination aux césars. J encule le cinéma français. Allez vous faire baiser avec vos films de merde" a ainsi tweeté le réalisateur du film, à qui l'on doit aussi notamment "La Haine" et "Les Rivières Pourpres". Devant la vague de réponses des membres du réseau social, Mathieu Kassovitz a enfoncé le clou : "Je m en fout des césars. Je n'y ai jamais mis les pieds. Je suis juste choqué par le manque d intérêt".
"Que le public n'y aille pas, je n'ai aucun problème avec ça"
Cette semaine, l'acteur et réalisateur français a enfin eu l'occasion de s'expliquer sur ce dérapage. Invité de "La Quotidienne du cinéma" sur TPS Star, Mathieu Kassovitz est d'abord revenu sur sa réaction après l'annonce des nominations. "Ce n'était pas douloureux, pas du tout. Sérieusement. Je trouve que c'est un film assez fort, (long et compliqué) à faire et qui est un film très français. Que le public n'y aille pas, pour différentes raisons, je n'ai aucun problème (avec ça). Je comprends que les gens n'aient pas envie de voir ça et qu'ils aient envie de choses beaucoup plus simples. Mais que l'industrie ne comprenne pas que ce genre de films doit faire partie du panel du cinéma français, je trouve ça un petit peu difficile", a-t-il expliqué.
C'est ensuite au cinéma français en lui-même que Mathieu Kassovitz s'en est pris, reprochant son manque d'ambition. "Ca n'a rien à voir avec la qualité des films, mais je trouve que dans l'ensemble du cinéma français, on manque d'une ambition très simple qui est celle du cinéma. On fait des films, on oublie un petit peu le côté cinéma", a-t-il lancé. "On est soit sur des imitations de films américains sur lesquels on n'est pas assez (bon) soit dans des films qui (sont trop bons pour la télé mais pas assez pour le cinéma)".
"Cette partouze artistico-commerciale n'est pas excitante"
Accompagné de Sylvie Testud, réalisatrice et scénariste du film "La Vie d'une autre" dont l'acteur tient le premier rôle aux côtés de Juliette Binoche, Mathieu Kassovitz a ensuite évoqué le côté trop corporatiste du cinéma français, qui empêche les jeunes talents de se faire entendre puisqu'ils n'ont pas les relations nécessaires pour percer. "On travaille dans des tout petits groupes, on retrouve les mêmes acteurs dans les mêmes films faits par des copains... Je trouve que cette partouze artistico-commerciale n'est pas excitante. Et j'en suis extrêmement malheureux", a expliqué l'acteur.
Selon lui, le milieu du cinéma français a beaucoup changé ces dernières années et personne ne pourrait aujourd'hui mettre sur pied un film comme "La Haine", que Mathieu Kassovitz a réalisé en 1995. "(Même moi), si je voulais faire "La Haine 2", je ne pourrais pas. Impossible. Personne ne voudrait mettre le doigt dedans ! Et si on allait jusqu'au bout, je ne suis même pas sûr que le film sortirait parce que les distributeurs diraient "Je ne veux pas de ce public dans nos salles", a-t-il regretté.
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Le 10 Février 2012 à 14:44
Je fais mais alors totalement corps avec lui. Faudrait vraiment que chacun retrouve sa place dans le cinema Français actuel.
Je n'arrive toujours pas à réaliser à quel moment certains acteurs Français se sont dit que non seulement ils étaient suffisamment bons comédiens, mais qu'en plus, ils étaient désormais de très bons scénaristes et d'excellents réalisateurs.
Comment à-t-on pu par exemple laisser un acteur aussi limité que Kad Merad non seulement jouer dans le médiocre "Monsieur Papa" mais en plus, le laisser le réaliser et, et le tout sur un scénario écrit pas... sa femme (oui oui). Le mot Partouze convient très bien dans ce contexte. Les jeunes n'ont aucune chance de percer, tout comme les "idées neuves".
Le 10 Février 2012 à 15:04
Après la "haine" l'aigreur.
Il n'y a pas de public pour ce genre de films culpabilisants anti-France, anti-blancs.
Les spectateurs en ont ras le bol de voir toujours la même sauce agressive, toujours ces sujets de repentance des méchants blancs colons.
Qu'il s'en prenne à lui même. Heureusement que la profession ne le suit pas, cela est un bel exemple de non communautarisme vu ses origines et cela prouve que le monde du cinéma français ne s'arrête pas à un groupe ethnique mais plutôt à des réseaux d'influence.
C'est le cas dans toutes les professions.
Au lieu de chier sur le fait de n'avoir aucun soutient, qu'il bosse ses réseaux, c'est ainsi que fonctionne le monde et c'est assez logique surtout quand on a plus de talent
Le 10 Février 2012 à 14:39