Deux jours à tuer, c’est un truc qui grince, qui dérange un peu, qui fait rire au début et pleurer à la fin. C’est un truc qui ne se résume pas, qui ne s’explique pas, mais qui fait du bien. C’est ce que Becker a fait de mieux depuis l’Eté meurtrier.
2 Jours A Tuer : « La vie, c'est comme le bon pain. Gardes-en pour demain »
Ca aurait pu être un film français comme beaucoup d'autres. Un truc long, chiant, qui se regarde le nombril à grands coups de plans-séquences. Mais non,
Jean Becker aime l'humour noir, très noir, et les rebondissements forts, très forts. Alors ça roule, comme ça, pendant plus d'une heure, sur la vie chaotique de Dupontel, qui confirme (une fois de plus), que la relève du cinéma français est là. Ca roule autour de ce destin qui s'effrite lorsqu'il décide, en deux jours et sans que personne ne comprenne pourquoi, de tout envoyer balader. De violer la femme de son pote. De balancer ses cadeaux d'anniversaires ringards à la gueule de ses amis. De dire à sa fille que son dessin est moche, mais alors très moche, et à son associé qu'il en a marre de vendre des slogans pourris pour yaourts allégés.
Un film qui tue
Son départ pour l'Irlande laisse craindre le voyage initiatique déjà tellement vu, mais Jean Becker veille. Il joue un peu, tire les ficelles, parfois un peu grosses, mais qui collent toujours très bien au paysage. Puis vient la chute, pas une claque mais un coup de raquette en pleine tronche, et Becker nous balance ses violons et ralentis. Oui, des violons et des ralentis, et même des souvenirs en flash-back tiens, pour la peine. Il assume tout, le Becker, et il a bien raison, parce que
Deux jours à tuer évite le pathos et le sensationnalisme.
Le film n'évite pourtant pas quelques écueils, comme celui de la critique sociale facile (quitte à se moquer d'un yaourt allégé, autant aller voir
99 Francs de Jan Kounen). Sauf que le message social, ici, est placé au deuxième plan, pour nous donner avant tout une fable humaine lumineuse et poignante, une histoire d'amour, de famille, de déchirure, efficace jusque dans son générique de fin. Un film français quoi. Mais un bon.