Sexuellement ridicule
C'est le risque inhérent à toute comédie : ne pas faire rire.
L'idée de base pourtant prête à rire : puceau à 40 ans. Steve Carrel est un habitué des rôles légers, comiques. Une raison supplémentaire pour espérer une réussite. Son sacrifice pour la scène de l'épilation (sans trucage) mérite la médaille du courage. Le sexe demeure un sujet porteur, universel. Catherine Keener joue la grand-mère la plus sexy qui existe. Mais le tout ne prend pas.
Les Carambars pour grands enfants devraient emprunter des blagues à cette comédie pour adulte au sens de l'humour situé au 69ème degré. Voulant stimuler les bas instincts, le premier long-métrage de Judd Apatow reste stérile. On ne s'attendait pas à autre chose, mais on en ressort tout de même déçu.
Le scénario est digne d'un film pornographique, à ceci près qu'il manque les scènes de sexe. Dans 40 ans, toujours puceau, elles sont comme la femme de Columbo dans la série éponyme : on en parle beaucoup, mais on les voit jamais. Le parler est cru et sans équivoque, ça ne choque pas particulièrement, mais cela n'apporte rien.
D'accord, il faut appeler une chatte, une chatte. Ce langage vulgaire fait l'originalité du propos. Cela en fait-il un film pour adulte ? Non. Cela est-il drôle ? Non.
Politiquement correct finalement
Lorsque l'on blesse une femme, on lui offre un bouquet de fleurs. Quand le propos d'un film ne tourne qu'autour de sexe et de vulgarité, on ajoute une touche de romantisme. Trop facile et peu crédible.
Sur ce type d'humour, on préféra largement American Pie, très réussi dans ce domaine. Si la scène de la tarte aux pommes est restée dans les mémoires, celle de Steve Carrel gâchant une dizaine de préservatifs avant l'acte ultime sera vite oubliée. La situation est peu crédible : n'aurait-il pas pensé à s'entraîner avant l'acte ultime ?
«Je suis puceau et je l'ai toujours été». Si vous aimez ce genre d'humour, en voici une version dérivée : «je dois faire une critique du film, alors je suis resté jusqu'à son terme».
Mais le plus amusant est surtout qu'au final cette comédie sexuelle débouche sur le triomphe de l'Amérique puritaine : pas de sexe avant le mariage. L'attente fait monter l'excitation. Les nombreuses longueurs amène le spectateur à sortir de la salle obscure en transe.