La vengeance est d'un plat...
La loi du Talion is back sur nos écrans et ce sont toutes les bonnes mœurs de notre critique nationale qui se mettent en branle. Fascisme, nazisme et autres –isme sont les éternels arguments dirigés à l'encontre de chaque long-métrage mettant en scène un personnage se vengeant de ceux qui lui ont enlevé un être cher. Après Charles Bronson (
Un justicier dans la ville) ou Vincent Cassel (
Irreversible), c'est au tour de Jodie Foster de se coller aux basques un scénario et un personnage forcément critiquables.
Les vengeances isolées tombent sous le joug de la morale quand les rafales meurtrières de feux Schwarzenneger ou Seagal étaient aimablement moquées (22 cadavres/bobine pour les deux héros dans chacun de leurs chefs d'oeuvre). La violence, oui, mais la vengeance, non. Cet éternel débat demeure trop important pour un film de la carrure d'
A Vif.
Là où le sous-estimé 8mm et le définitivement culte
Irreversible ingéraient ce thème ambivalent pour déglutir des films hantés par la haine et la part sombre de l'être humain,
A Vif ne se pose qu'en modeste série B incapable de comprendre les divergences pouvant découler de son propos.
Vifement la fin
Une fois l'entrée en matière plutôt violente et malsaine achevée dans les larmes et les contusions, Jodie Foster prend les armes pour transformer les bleus de son âme en bleus sur la gueule de tout ce que New-York compte de « racailles », colorées si possible. Le déroulement du film est aussi grossier que cette métaphore et l'action qui aurait pu découler de cette quête vengeresse ne vient même pas nourrir nos appétences de spectateurs avides de règlements de comptes. La mère Foster a beau crisper la mâchoire et rouler des yeux dans tous les sens, le film ne prend pas. Incohérences de script, tempo mou comme un dimanche chez Drucker, personnages secondaires vides de sens,
A Vif n'en a que le titre.
Impossible dans ce cas de prendre parti pour cette héroïne et les deux longues heures qui nous parviennent ne laissent que le goût d'un mauvais film n'ayant pas l'once de talent requise pour assurer sur un sujet aussi tendu. Neil Jordan, réalisateur hautement surestimé, aligne un boulet de plus dans sa filmographie et le cinéma d'action n'en sort pas grandi. Gardez vos yeux pour voir ou revoir les films précédemment cités et devenez un notable en dédaignant ce triste nanar.