Attention chien gentil
Malgré un pitch prometteur et un casting éclectique, le nouveau film de Nick Cassavetes s'enlise dans un conformisme ennuyeux. Non explosif, tout juste divertissant.
Lisse, trop lisse. Telle est l'impression générale laissée par
Alpha Dog. Une réalisation sage, une intrigue simpliste et des dialogues plats font du nouveau long-métrage de Nick Cassavetes (
She's so lovely,
John Q,
N'oublie jamais) un produit inoffensif. Un énième film de gangsters propres sur eux, gosses de riches en manque de sensation. Des délinquants minables qui kidnappent le frère d'un mec qui leur doit quelques milliers de dollars. Un enlèvement qui devient vite embarrassant.
Si Emile Hirsch (
Les Seigneurs de Dogtown) est d'une fadeur irritante, Justin Timberlake prouve qu'il peut faire bien plus qu'enlever son t-shirt (même s'il est souvent torse nu… il faut bien émoustiller les minettes). Le natif de Memphis porte le film sur ses épaules tatouées. Hormis l'énergique (et fêlé) Ben Foster (
Otage) et l'impeccable Bruce Willis, le reste de la distribution laisse de marbre. Sharon Stone se contente du service minimum (pleurs et cris), alors qu'Anton Yelchin est quasi transparent.
Linéaire et sans prise de tête
A mille lieux du sulfureux
Hyper tension,
Alpha Dog est un produit sans caractère, aussi palpitant qu'une partie de roulette russe avec des balles à blanc. Entre les crises de conscience des apprentis gangsters et le syndrome de Stockholm du bien heureux otage, le propos navigue entre inintérêt et inconsistance. Sans apporter quoi que ce soit de nouveau au genre, le long-métrage de Cassavetes a le mérite d'être un bon divertissement, linéaire et sans prise de tête. Le genre de film dont on ressort l'esprit vide et le cœur léger. Justin Timberlake devra encore patienter pour se faire un nom dans le septième art. Ca ne devrait pas tarder…