On vous le dit cash, c'est bof !
Ca commence avec
Clovis Cornillac... Comme pas mal de films français me direz-vous... Ne vous inquiétez pas (ou si peut-être) on ne le voit que 10 minutes dans le film. Et puis c'est
Jean Dujardin, impeccable, sublime, magnifique (comme Jean-Paul) ;
Alice Taglioni, sublime, impeccable, magnifique ;
Valéria Golino (que l'on ne voit pas assez au cinéma) ;
Jean Reno et
François Berléand…
Avec un tel feu d'artifice d'acteurs et d'actrices, les plus doués du cinéma français actuel, impossible de rater le casse du mois d'avril… Sauf à penser que le Spaggiari de Rouve renouvellera son exploit de 1977.
On dit que de bons acteurs peuvent porter un scénario modeste. Le problème de
Cash c'est que le scénario est excellent, l'idée est originale, la fin est inattendue. Mais c'est la réalisation, ou plutôt le montage qui plombe le film.
Éric Besnard est un bon réalisateur de polar mais dans
Cash, il hésite constamment entre comédie sentimentale et comédie dramatique. Le déroulé du film est lent… Très lent… Heureusement que Dujardin joue son Bébel, Taglioni sa belle, Reno son modèle et que le scénar ne se fait pas la belle sinon, je pense que la moitié des salles se videraient au bout de trois quart d'heure. D'ailleurs, au bout d'une heure, on ne comprend plus rien… La fin nous expliquera tout mais le film nous laisse perdu pendant une bonne partie de la projection. On ne voit pas où l'on va (et c'est plutôt sympa) mais on ne sait pas non plus si le réal sait où il veut aller. Retours en arrière inutiles, ellipses faciles, longueurs répétées, on se lasse…
Les décors sont somptueux, certes, on revit l'ambiance des grands films de Belmondo (peut-être même trop, on est au XXIe siècle quand même…), on est happé par le scénario, l'histoire, le contexte, mais on n'y croit plus par trop d'incompréhensions… D'ailleurs, même si la fin est inattendue, elle révèle toutes les grosses ficelles du film, elle les sublime (au sens négatif du terme, bien sûr).
Cash, par certains côtés, rappelle
Sans arme ni haine ni violence : il n'y a pratiquement pas d'armes, peu de violence gratuite et très peu de haine. Mais
Cash ressemble surtout à un remake franchouillard d'
Ocean's eleven : les têtes d'affiche, l'intrigue, la volupté… Et c'est en ce sens que
Cash peut être néanmoins considéré comme l'un des meilleurs films de 2008... Il faut dire que, pour l'instant, la concurrence n'est pas très rude.