James Bond ne meurt jamais
Casino Royale était attendu au tournant. Nouveaux acteurs, nouveau commencement, trop de nouveauté pour la 21ème histoire de l'agent 007. Pourtant, le dernier James Bond ne trahit pas ses fans. Il s'adapte juste à son époque.
Les fans de la série avaient déjà appelé au boycott du film, refusant de voir un blondinet, en l'occurrence Daniel Craig, passer derrière Pierce Brosnan et Sean Connery. L'idée d'un « épisode 0 », sur la jeunesse de Bond, ne ravissait pas tout le monde non plus, même s'il était tiré d'un roman de Ian Fléming, créateur du personnage. Et pourtant, ils doivent bien admettre que
Casino Royale est à la hauteur de leurs espérances. Voire au-delà. James y boit déjà sa fameuse Vodka Martini (au shaker, pas à la cuillère), y rencontre de superbes créatures (il y en a pour tous, de Daniel Craig en mini slip de bain sortant, tout ruisselant, de la mer, à Eva Green en bikini, qui, pour une fois, enlève à la James Bond girl le rôle de plante verte au QI de poulpe pour devenir un personnage à part entière) et finira même par dire que son nom est Bond, James Bond.
Mais il ne s'en contente pas. Plus sombre, plus torturé, le petit James est aussi parfois plus faible, à la limite du bleu. On comprendra alors beaucoup de choses, surtout sa future méfiance pour la gente féminine. Le scénario est propre (pour une fois, le méchant mégalomaniaque ne veut pas diriger le monde, mais juste s'en mettre plein les fouilles), bourré de rebondissements et de retournements de situation, pas assez toutefois pour que les 2 heures 18 (quand même) coulent comme de l'eau de source, ralenti par une histoire d'amour dont on n'avait guère l'habitude dans la famille Bond.
Un James Bond plus violent
Avec sa succession de coups de pieds, de poings, de feu (dès les premières minutes du film), Martin Campbell, le réalisateur de
GoldenEye, nous tient en haleine, nous fait nous accrocher au fauteuil et nous en met plein la tête avec le génie et la puissance (peu crédibles, mais peu importe) de son acteur principal. Le sang gicle, plus que dans les précédents épisodes, et on ne s'en plaint pas, rendant Casino Royale, sur bien des points, beaucoup plus fort que ses prédécesseurs. Tant de choses encore à dire, en particulier sur son générique de toute beauté et ses décors de cartes postales.
Il faudra, bien-sûr, passer sur tous les « un peu trop » inhérents à ce genre de film. Le méchant a une cicatrice et un nom ridicule (Le chiffre), la James Bond girl ressemble à un mannequin de pub pour le botox, et les cascades sont aussi invraisemblables que spectaculaires. Mention spéciale à la superbe fille chevauchant en bikini sur la plage, les cheveux au vent, qui fait plus penser à un extrait d'Austin Power qu'à une véritable scène bondesque. Tant pis. Il y a des explosions et des jolies filles. Des scènes de torture et du suspens. Des courses-poursuites et de l'humour à tout péter. James Bond restera toujours James Bond.
Mission accomplie pour Daniel Craig
Plus sombre et plus brutal que les précédents volets, Casino Royale est sans doute l'un des meilleurs James Bond, si ce n'est le meilleur. Mission accomplie pour Daniel Craig.
Captivant
Alors qu'on craint pour l'intérêt du film au début (avec sa succession de scènes de baston sans dialogue), on est ensuite entraîné par le suspense et l'intrigue. Même si les situations paraissent parfois trop invraisemblables (mais c'est James Bond en même temps), le film se révèle réellement captivant. On ne s'ennuie jamais. A voir !
CASINO ROYAL
Retour aux sources d'une série qui battait vraiment de l'aile. Résultat : le meilleur James Bond depuis... toujours. Avec un Daniel Craig impressionant de charisme, Eva Green sublime, des scènes d'actions parfaitement menées (mention spéciale à la poursuite à pied épuisante), des clins d'oeil savoureux, et une partie de poker centrale, à se ronger les ongles, des plus osée ( une trentaine de minutes). Bond peut enfin rivaliser avec un Jason Bourne et tend fièrement un doigt à Ethan Hunt. Un mythe renaît...