"" : La fièvre du dimanche après-midi
Camping, comédie certes conformiste mais agréable et enjouée avait réuni plus de 5 millions de spectateurs dans nos salles il y a de cela deux ans. Alléché par le succès, un Camping 2 fut sitôt annoncé puis détourné en ce
Disco, nouveau film du duo Dubosc/Onteniente reprenant les ingrédients de leur film de campeurs mais sentant de loin la formule pré-chauffée.
Mixer humour et émotion, voilà ce qui fait monter la tente de cette pas très fine équipe et
Disco sera leur Full Monty, leur Virtuoses dans sa capacité à faire pleurer, à faire rire, à faire pleurer de rire les spectateurs de l'Hexagone. Les aventures de Didier Travolta (Chirac dans
Camping, Travolta dans
Disco) faites de concours de danse disco uniquement disputés pour faire gagner un voyage en Australie à son fils sont ainsi résumables en deux lignes. L'argument tient pour pléthore de comédies mais là où le bât blesse, c'est que rien n'en découle. Les personnages secondaires sont creux ou bâclés (seule Emmanuelle Béart s'en sort et trouve l'une de ses meilleures compositions, c'est pour dire), les rebondissements se reniflent de plus loin qu'un labrador mouillé et les moments supposés d'anthologie tombent comme un cheveu de PPDA sur un bouillon Kub.
Avoir raté l'inratable
Rien n'y fait, la folie du dance-floor ne prend pas et seuls les tubes disco qui s'enchaînent inlassablement nous tiennent alertes durant les 90 minutes du film. Le meilleur gag reste tout de même la mention «..Musique originale de Michel Legrand..» durant le générique tant Boney M, Bee Gees et consorts ne laissent même pas la place à une note de Michel Legrand pour s'installer dans le film. Belle arnaque qui rejoint celle de l'écriture du personnage de Dubosc : une scène puérile, celle d'après séducteur puis ensuite gaffeur, ce Didier Travolta est incohérent, signe que lorsque cinq scénaristes sont mentionnés dans un film, ils n'écrivent ni tous en même temps, ni tous dans le même sens.
Micro-comédie qui se serait rêvée grand film humaniste proche du petit peuple,
Disco ne mérite aucune haine ni déni, mais simplement un regard désintéressé. Le plus grand reproche que l'on pourrait faire à Onteniente au vu de ses glorieuses inspirations est d'avoir raté l'inratable. Ce genre d'histoires, d'autres en ont tiré de grands petits films (une fois encore
The Full Monty) mais son traitement est à l'égal de son emploi de Depardieu : lorsque l'on ne sait pas piloter un TGV, il faut retourner faire des gammes avec un train électrique.