Destiny's Child
Le scénariste de
Chicago, Bill Condon, signe avec
Dreamgirls une des meilleures comédies musicales de ce début de siècle. On s'émerveille, on s'émeut et on danse sur son siège. Bluffant.
Les comédies musicales ont souvent l'irritante tendance de mettre l'histoire au service des chansons, détruisant de facto la linéarité de l'histoire et ralentissant le rythme du récit, jusqu'à ne plus qu'être une suite illogique de séquences musicales.
Dreamgirls réussit le tour de magie de nous plonger dans l'ambiance furieuse, mais glamour, des sixties et des seventies, en mêlant habilement cinéma et musique. La bande-originale est tout simplement époustouflante (black music) et le récit enivrant.
Adapté d'une comédie musicale de Broadway,
Dreamgirls narre la destinée d'un trio de jeunes chanteuses black durant les années folles 1960-70. Des rêves à la réalité du business, des déceptions humaines aux réussites artistiques, le film abandonne toute vision manichéenne (si récurrentes dans les divertissements de ce type), pour brosser progressivement et intelligemment les portraits des différents protagonistes.
Une partition parfaite
Si le casting est composé de noms prestigieux, il n'en restait pas moins quelques interrogations. Si Jamie Foxx paraissait irréprochable d'avance (des œuvres de premier plan comme
Ray ou Jarhead ont fait de lui une des valeurs les plus sûres de Hollywood), le retour sur le devant de la scène d'Eddie Murphy (invisible ces derniers temps, on se souvient juste de sa voix grâce à
Shrek) n'était pas une promesse de justesse. Finalement, Eddie Murphy étonne, détonne même. Même constat pour Beyoncé Knowles, qui trouve enfin LE rôle qui la crédibilise aux yeux de tous, critiques comme spectateurs. La surprise est encore plus énorme à la vision de la performance de Jennifer Hudson, chanteuse découverte grâce à l'émission
American Idol, l'équivalent américain de la
Nouvelle Star. Une partition parfaite.
Les mots manquent pour parler de
Dreamgirls. Ce film se chante, se danse, se vit tout simplement. Un des événements cinématographiques de ce début d'année.