Né sous X
L'acharnement à amalgamer toutes les comédies américaines par les distributeurs français devient de plus en plus irritant.. Ce qui pourrait ressembler de loin à une comédie tropézienne de Max Pécas ou à un mauvais ersatz des
American Pie débouche sur une œuvre inspirée à mi-chemin entre ce que le cinéma indépendant américain et la branche scato de sa comédie savent si bien faire.
En cloque, mode d'emploi ou comment faire fuir un potentiel public avide de films sympathiques et pas bêtes sous prétexte d'un titre ringard et d'une campagne d'affichage adéquate. Une fois le pas de l'à priori franchi, on comprend mieux les plus de 100 millions de dollars de recettes aux USA au vu de l'éminent potentiel sympathie de Knocked up (titre original qui, même si on ne le comprend pas, vaut mille fois mieux qu'En cl… bref).
Cette histoire de grossesse inattendue suite à une nuit éthylique est prétexte à une histoire d'amour crédible et plutôt sensible. Le coup de foudre n'est pas immédiat mais l'alchimie se crée entre une fille de bonne famille et un ado attardé dont le temps libre passe par la construction d'un site Internet répertoriant les scènes de nu au cinéma. Ce schéma classique, dit des contraires aimantés, trouve son écho dans la justesse de ses interprètes et de ses dialogues, épicés et pudiques à la fois.
Un film d'ados pour adultes…ou le contraire
Judd Apatow avait déjà réussi avec 40 ans, toujours puceau à réunir des ingrédients pas toujours digestes, chacun dans leurs styles (mièvrerie de la romance, lourdeur de l'humour bas du front), pour donner vie à un film agréable et dénué de toute prétention. La recette est la même pour ce Knocked up qui, même si elle a ses limites (un plaisir fugace et donc rapidement oubliable), vaut mieux que tous les traités de sentimentalisme ou d'humour dont nous abreuvent les Américains à longueur de mercredis.
Knocked up n'est donc pas de ces films que l'on se délecte à analyser ou même à retenir les meilleurs moments. Judd Apatow préfère réussir un grand écart, entre eau de rose et pet flambé, durant deux courtes heures où chaque scène a son importance et chaque personnage a une scène, voire une phrase, à défendre. Le charme des interprètes principaux (Seth Rogen et Katherine Heigl) agit ensuite suffisamment pour que cette petite œuvre agréable à toutes heures vous prouve qu'elle vaut bien mieux que son affreux titre français.