American Dream
Los Angeles, 1956. Hollywood est un rêve, Clark Gable est un mythe. Combien ont tenté leur chance là-bas et combien se sont cassé les dents ? Hollywoodland nous montre l'envers du décor.
Après le costume de Daredevil, Ben Affleck endosse celui de Superman. Mais cette fois-ci, ce n'est pas pour un film de superhéros. Ici, on voit juste des hommes un peu paumés : un détective divorcé, un acteur qui n'a pas la carrière qu'il espérait, une femme trompée. On est loin de photos au ton sépia qui montraient une vie de rêve, avec des mythes éternellement jeunes. Ben Affleck commence à avoir des cheveux blancs et des poignées d'amour. Même la femme du patron de la MGM, LA boîte de production de l'époque, a des rides qui apparaissent au coin des yeux.
Dans ce monde où la jeunesse est un culte, certains ne résistent pas et sont alors retrouvés avec une balle dans la tête. C'est ce qui est arrivé à George Reeves, l'interprète de Superman dans la série du même nom. L'enquête sur sa mort, jamais élucidée, a fait la une des journaux pendant des jours.
Donc, d'emblée, on sait qui va mourir dans le film. Et l'histoire marche donc à grand renfort de flashbacks qui donnent un certain charme au film. Une majorité de scènes se déroule dans le passé, c'est-à-dire avant la mort de George Reeves. On découvre son parcours, sa vie, ses ambitions. Seule l'enquête menée par Louis Simo (Adrian Brody) est dans le présent du film.
Hollywoodland, c'est donc une plongée au cœur du Los Angeles des années cinquante, telle que la ville était : pleine de rêves, pas toujours glorieuse, parfois triste, mais où tous gardaient la face, quoiqu'il arrive.
Un jazz au rythme de blues
A priori, le nom d'Allen Coulter ne nous dit rien. Mais, en réalité, ce réalisateur s'est fait un nom dans le monde des séries :
Sex & the City, Les Soprano,
Rome… Des formats courts donc. Cela explique peut-être pourquoi
Hollywoodland traîne en longueur à certains moments. Il est indéniable que ce n'est pas un film d'action, mais sur les deux heures que dure le film, certaines scènes manquent de rythme. Heureusement, la qualité de jeu des acteurs, les décors, les lumières font de
Hollywoodland un superbe film.