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Inland Empire ravira les fans de David Lynch, mais déroutera totalement tous les autres. Un bonheur total ou près de trois heures perdues.
Chaque plongée dans l'univers de David Lynch promet d'être une expérience inoubliable. Le cinéaste américain oblige à chaque fois le spectateur à un exigeant travail d'attention, de mémoire et surtout d'interprétation.
Inland Empire, application minutieuse du code lynchien, ne déroge pas à ces règles. Dans ce nouveau voyage cinématographique, sans doute le plus complexe proposé par Lynch, fiction et réalité, ainsi que futur et passé, s'emmêlent jusqu'à l'hypnotisation totale. On est embarqué dans un récit sans début ni fin, où chaque action à une conséquence connue avant ou après sa cause. Laura Dern, qui tourne pour la troisième fois sous la direction de David Lynch, y est sublime.
Tant dans sa construction (David Lynch a écrit chaque scène séparément avant de les relier), que dans sa réalisation (tournage en DV),
Inland empire s'apparente à une expérimentation unique. Une oeuvre d'art que l'on aimerait conseiller à tous.
Cinéaste du rêve
Mais il est impossible de le conseiller à tous, le film étant d'une complexité sans nom, à tel point qu'il fait passer
Mulholland Drive pour un film pour enfants. Et il n'est pas humainement possible de comprendre
Inland Empire sans maîtriser parfaitement les codes lynchiens (rideau rouge, nains...). Cinéaste du rêve, Lynch va à fond dans ses expérimentations, ses délires, se construisant un univers de plus en plus renfermé sur lui-même, mais en même temps sans limites.
Comme il est difficile de résumer l'histoire d'
Inland Empire (d'ailleurs y en a-t-il qu'une ?), il est également très délicat de proposer des interprétations. Il faut peut-être plus simplement l'aborder comme un rêve. Et si beaux qu'ils puissent être, les rêves ont rarement d'explications.