Achevez-moi...
Difficile est le travail du critique. Lorsqu'un film ne lui plaît pas, il est comme tout le monde, il a envie de le descendre. Mais un critique doit rester professionnel. Ou pas.
Conseil pratique du jour. Lorsque le film commence, prenez votre ticket, déchirez le en deux parties identiques, roulez les en tubes, et places ces tubes entre vos paupières. C'est ce que j'ai fait pour ne pas connaître le même sort que mon ami René, 65 ans, qui a tenu à venir voir ce film avec moi mais qui s'est endormi au bout de 20 minutes. Il s'est cependant fait réveiller par le bruit d'une tasse qui se brise, puis plus tard par mon rire nerveux lorsque Édouard Baer demande du miel à sa copine.
Ce film donne des envies de meurtres. Envie de se tuer pour abréger ses souffrances (ou sortir de la salle, oui…), envie de meurtre pour tous les jeunes réalisateurs qui peinent à trouver un budget, envie de meurtre pour tous ceux qui en ont marre de voir s'enliser le cinéma français dans des productions calibrées pour le petit écran, destinées aux petites imaginations et à ceux qui détestent voir quelque chose de différent.
Je pense à vous est l'archétype même du cinéma français roupillant, gonflant, n'arrivant jamais à éveiller chez le spectateur lambda le moindre intérêt. Filmé comme un téléfilm, mais vu sur grand écran. Le ticket de cinéma coûte cher de nos jours, et maintenant on sait pourquoi. On paie la redevance TV dans le prix du ticket.
Non, s'il vous plaît, ne pensez plus à nous, je vous en supplie
Comment ne pas hurler de rire lorsque arrive la classique scène du «c'est pas ce que tu crois» ? Comment, dites-moi, comment rester éveillé devant un tel ramassis de phrases toutes faites et situations plates censées être porteuses d'une narration ?
Mon pauvre Edouard Baer, inoubliable dans sa tirade «je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou mauvaise situation» de
Astérix et Obélix : mission Cléopâtre, en prend un sérieux coup dans cette, je cite, «comédie dramatique». Tout le génie de l'acteur est complètement bridé et aplati par un scénario qui essaie d'avoir l'air consistant mais qui a servi plus d'une trentaine de fois dans les séries poubelles genre
Plus belle la vie. Son seul moment agréable reste un «ta gueule connasse» hurlé hors-champ. Un cruel et dramatique manque de fantaisie porté par une distribution robotisée récitant les dialogues types des films franchouillards où des couples s'engueulent dans la cuisine. En bref, les 3h30 de ce film font mal à la patience… Comment ça 1h20 ? Mince, que le temps passe lentement devant un film pareil…