And now for something completely different…
Parenthèse de légèreté, après deux films politiques, l'acteur metteur en scène George Clooney, livre une petite comédie légère et sans prétention. Pas de quoi fouetter un chat, mais entre
Rec et
Funny games U.S., un bol d'air de 110 minutes.
Après l'excellent
Good night, and good luck, Clooney avait définitivement prouvé qu'il était aussi bon metteur en scène qu'acteur. Politiquement engagé, ses deux premiers opus ne trahissaient jamais l'aspect militant du cinéaste, sans trop se la jouer gauchiste virulent à la
Michael Moore. «Jeux de dupes» prend alors des airs de récréation, avec pour ambition majeure de revenir vers un certain style de comédie propre au cinéma Hollywoodien des années 40 et 50.
Pari réussi donc, car le film est doté d'une photo sublime (on n'est pas loin de la colorimétrie du cinéma des frères Coen, et c'est tant mieux) et d'une mise en scène élégante. Les acteurs se font plaisir et nous font plaisir dans des parties de ping-pong verbal bien construites et des gags visuels souvent efficaces.
Fermez la parenthèse
Certes, on peut lier un parallèle dans un film pas si éloigné des deux derniers films de Clooney. On retrouve un univers libre –le football des années 20- soumis aux pressions politiques et de merchandising pour survivre quitte à ne plus être le même, à l'instar du journalisme d'investigation de plus en plus bâillonné de
Good night, and good luck, et les contradictions entre le mythe dépeint et la réalité humaine d'un virtuose du foot (le très sympatoche
John Krasinski, sorti de la série géniale
The Office) dont le passé de soldat trouble refait surface, à la manière du personnage principal ambigü dont le récit de
Confessions d'un homme dangereux tentait de rétablir la vérité.
Mais le tout est fait de manière décontractée et assez fun. Pas de quoi casser trois pattes à un canard cette fois, rien de grandiose ne transcendant le film. Mais la satisfaction d'un bon moment, le plaisir de retrouver certains acteurs tels que
Jonathan Price, et le plaisir d'un cinéma artisanal. Sympa donc, comme l'ami George.