C'est l'histoire d'un type…
C'est l'histoire d'un type qui n'aime pas la guerre, alors il en fait un film. Il réunit des potes comiques, met quelques chanteurs dans des tranchées, des sapins de Noël et du pathos larmoyant à tout bout de champ de bataille. Le pire, c'est que même avec tout ça, il en fait un bon film.
C'est l'histoire d'un français, un allemand et un écossais qui sont dans une tranchée. Que font-ils ? Ils jouent au foot, évidemment ! Ça vous paraît ridicule ? Pas plus qu'un chat mis aux arrêts pour haute-trahison, pas plus qu'un écossais qui engueule un allemand parce qu'il s'est trompé de tranchée, pas plus que la guerre en fait. Joyeux Noël a au moins ce mérite : être une petite perle du cinéma pacifiste, repousser l'absurde de la guerre jusque dans ses… tranchées, rendre l'homme plus humain qu'il ne l'est. Et côté humain, Guillaume Canet est extraordinairement bon, au-delà du simple jeu d'acteur. A ses côtés, Dany Boon, en neuneu de service à l'accent ch'ti semble être (par)fait pour le rôle, de même que Diane Krüger en ange de Noël blonde pulpeuse qui donne un coup de fouet plus que certain au film.
Emouvant mais exagéré
C'est l'histoire de mecs qui croyaient, en 1914, que «dans une semaine, on sera à la maison pour Noël». En fait, c'est l'histoire d'une poignée de gentils troufions lassés de jouer à la gueguerre face à de vilains généraux, d'un gentil curé de campagne au grand cœur face à un vilain cardinal, bref, une histoire où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, sauf les méchants évidemment. Pour bien les reconnaître, les méchants, ce sont ceux qui ordonnent la guerre ; et les gentils, ceux qui la font. Mais à force d'être gentil, on finit par en être lourd.
C'est vrai, le film prend aux tripes. Mais rendre une scène comme «un gentil ténor chante "Douce Nuit" au fond d'une tranchée un soir de Noël» émouvante n'est pas un exploit ; faire pleurer sur un militaire qui apprend que non seulement sa femme n'est pas morte mais qu'en plus il a un fils (pendant que son meilleur ami meurt dans ses bras) non plus. Trop de pathos tue le pathos, qu'on se le dise. Une histoire aussi forte que celle là n'a pas besoin qu'on en rajoute. Trop de morts, trop de douleur pour qu'on se permette d'en faire trop.
Comme on ne peut pas se permettre de finir sur un avis négatif pour un film qui reste, malgré ses défauts, très bon, citons, pêle-mêle : une caméra plutôt bien tenue, d'excellents acteurs, une guerre plus vraie que nature, une histoire touchante, un idéal affirmé et des petites larmes à la fin.